Par Marwa Sid’Ahmed, Journaliste Farafinainfo.com
ÉDITORIAL. La proposition de Donald Trump d’accorder des visas aux Sud-Africains blancs, présentés comme des « persécutés », ressemble moins à une réelle politique migratoire qu’à une manœuvre électorale douteuse. En exploitant les tensions raciales sud-africaines, le président américain flatte sa base conservatrice tout en simplifiant outrageusement une réalité complexe. Il ne cache plus ses véritables intentions, affiche sans complexes ses convictions d’un autre temps.
Certes, l’Afrique du Sud continue de traverser de graves difficultés : inégalités, criminalité élevée, chômage et débat explosif sur la réforme agraire. Ces problèmes, hérités de l’apartheid, frappent l’ensemble de la population, bien au-delà des sous tentions raciales persistantes. Ceci dit, la solution ne réside ni dans l’exode d’une minorité ni dans l’instrumentalisation de ses craintes. Le pays a besoin de réformes structurelles et inclusives, et non pas d’installer un climat encore plus morbide.
En faisant des Sud-Africains blancs des victimes à exporter plutôt que des citoyens à protéger, Trump ignore la vraie question : comment reconstruire une nation qui vit dans la division institutionnalisée ?
Sa proposition n’est pas une aide, mais une provocation malsaine, qui détourne le regard des vrais problèmes du pays. Les Sud-Africains méritent mieux que d’être utilisés pour cacher d’autres débats urgents qui concernent exclusivement les USA.
M.S.A
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