Tout commence dans nos salons.
Câest lĂ que nos enfants Ă©coutent, apprennent et se construisent. Câest lĂ aussi que, souvent sans nous en rendre compte, nous posons les premiers carreaux de leur rapport au monde, Ă la diffĂ©rence, Ă la sociĂ©tĂ©.
La thĂ©orie du carreau cassĂ© nous enseigne quâun petit signe de dĂ©sordre ou dâindiffĂ©rence peut en entraĂźner dâautres, jusquâĂ la dĂ©gradation gĂ©nĂ©rale.
Appliquons-la Ă nos comportements : un mot dĂ©placĂ©, un stĂ©rĂ©otype rĂ©pĂ©tĂ©, une moquerie sur une communautĂ©, et voilĂ un carreau fissurĂ© dans la conscience de lâenfant.
Et si personne ne le répare, il finira par briser la vitre du vivre-ensemble.
Dans nos salons, nous préparons souvent, inconsciemment, nos enfants à avoir peur de la diversité et de la différence. Nous leur transmettons des clichés, des préjugés, des jugements rapides.
Nous disons : « ceux-là ne sont pas comme nous », « on ne se marie pas avec eux », « ils sont comme ceci ou comme cela ».
Et ces phrases, que nous croyons anodines, sâimpriment profondĂ©ment dans les jeunes esprits.
Pourtant, câest dans ces mĂȘmes salons que peut naĂźtre lâamour de la GuinĂ©e, le respect de lâautre et la fiertĂ© dâune nation unie dans sa diversitĂ©.
Changer nos discours, câest rĂ©parer les carreaux cassĂ©s de notre cohĂ©sion nationale.
Câest enseigner Ă nos enfants que lâunitĂ© nâest pas une utopie, mais une responsabilitĂ© partagĂ©e.
Ăduquons nos enfants Ă la maison.
Apprenons-leur que la Guinée ne se résume pas à notre ethnie, ni à notre région, encore moins à notre religion.
Mais quâelle est avant tout une nation riche de sa diversitĂ© et belle de sa diffĂ©rence.
Et surtout, faisons de lâĂ©cole le vĂ©ritable centre de la construction civique, citoyenne, intellectuelle et professionnelle : un lieu oĂč se forment des citoyens amoureux de la diversitĂ©, respectueux de la diffĂ©rence, et profondĂ©ment attachĂ©s Ă leur pays.
La fracture commence souvent à la maison. La réparation aussi.
 Soninké Diané
Citoyen
Farafinainfo Ă lâhonneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, laurĂ©at
