Farafinainfo.com
Reporter, témoin des faits

Makanera Kake : un soutien toxique, un ami encombrant – par S.S Konaté

La web télé GTV 1 a consacré une édition spéciale à l’élection présidentielle organisée hier, dimanche 28 décembre 2025, dans le pays par les autorités de transition, sans la participation des candidats issus des partis les plus représentatifs du paysage politique. D’où le désintérêt manifeste des électeurs, marqué par une abstention sans précédent lors d’un scrutin national.

Makanera Kake, pour le malheur de tous, figurait parmi les invités appelés à se prononcer sur ce chapitre sombre de l’histoire du pays. Il faisait face à des représentants de partis politiques, de la société civile, tous respectables, ainsi qu’aux journalistes animateurs de l’émission. Ces derniers ont eu bien du mal à contenir ses multiples dérapages, son verbiage creux et son ton outrageant.

Parmi les invités se trouvait Aissatou Chérif Baldé, journaliste de formation, femme activiste reconnue et figure politique au discours tranchant. Si l’ensemble du plateau a souffert de la présence catastrophique de Makanera Kake, davantage à l’aise dans des monologues longs et fastidieux que dans un débat contradictoire, l’unique femme de l’émission a, elle, été copieusement insultée. Elle a opposé à l’attitude insolente de son contradicteur une sérénité et une dignité remarquables.

Ancien ministre du professeur Alpha Condé, aujourd’hui rallié aveuglément à ceux qui ont renversé son ancien mentor, dans un retournement de veste dont lui seul a le secret, Makanera Kake s’est illustré par des injures publiques qui ne l’honorent guère : « Madame, vous êtes malsaine », « mal éduquée », « bâtard ». Telles furent les amabilités lancées à la face des téléspectateurs et d’une femme dont le seul tort fut de poser une question légitime : les pratiques politiques malsaines observées aujourd’hui, notamment chez des acteurs comme lui, doivent-elles servir de modèle aux jeunes générations tentées par la politique ?

Makanera Kake s’est emporté, estimant être injustement stigmatisé, comme s’il était accusé de déshonorer la politique et de nuire à la réputation de ceux qui s’y engagent. Il supporte mal qu’on lui rappelle sa constance comparable à celle d’une girouette exposée au vent. Pour se blanchir, il tente de réécrire l’histoire politique récente, allant jusqu’à calomnier le président de l’UFDG et, plus grave encore, à s’acharner contre une communauté devenue son souffre-douleur, voire son gagne-pain.

Il est sans doute le seul à croire encore en son propre récit et à se convaincre qu’il est un « honnête homme », fidèle à ses convictions plutôt qu’asservi à ses intérêts personnels. Déni délibéré ou tentative de diversion face à des faits accablants ? Toujours est-il qu’il refuse d’assumer son nomadisme politique et d’ouvrir un véritable débat sur les dérives de la junte qu’il sert maladroitement.

Toujours contraint de s’accrocher aux autres, obligé de s’offrir à chaque pouvoir, incapable d’exister par lui-même comme leader politique crédible, Makanera Kake ne supporte pas de voir d’autres réussir dans les urnes et jouir de l’estime de leurs compatriotes. Peu doué pour la rhétorique, confondant critique et offense, il hait et jalouse ceux qui dominent aujourd’hui la scène politique, tandis que lui-même et ceux qu’il soutient sombrent à chaque échéance. À l’épreuve des faits, il demeure le poisseux attitré du pays, une palme d’or que nul ne semble en mesure de lui contester.

Autres articles

Abdoulaye Kroumah : l’UFDG n’avance pas masquée et…

Des Premiers ministres ne font pas ça ! – par…

Le président de l’UFDG, qu’il le veuille ou non, bénéficie de la faveur populaire, y compris dans son propre fief, contrairement à lui qui est rejeté jusque par les siens. C’est précisément ce poids électoral, jamais démenti, qui explique la crainte qu’il inspire et l’acharnement constant dont il est la cible de la part de régimes fébriles. Même absent des élections, il en influence l’issue et conditionne leur succès, comme on vient encore de le constater.

Makanera Kake, qui reconnaît avoir longtemps vécu sans emploi avant d’être utilisé tour à tour comme bouffon ou crieur public par différents régimes, vit-il aujourd’hui d’autre chose que de la corruption ? Comment a-t-il acquis maisons et véhicules, et surtout à quel prix pour son honneur et son image publique ? Peut-il sérieusement accuser qui que ce soit de malhonnêteté ou se poser en donneur de leçons ?

Paraître sans être semble être son apanage, tandis qu’être sans paraître caractérise le président de l’UFDG, connu pour son triomphe modeste et son indifférence aux attaques de détracteurs condamnés à prêcher dans le désert, incapables d’atteindre une cible qui les surplombe comme une épée de Damoclès.

Au final, tout ce que Makanera Kake réussit, c’est à se discréditer un peu plus chaque jour et à irriter inlassablement les Guinéens. La responsabilité incombe aussi à ceux qui continuent de lui offrir une tribune et s’encombrent de sa mauvaise compagnie.

Souleymane SOUZA KONATÉ

Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat