Décidément, l’UFDG dérange. Son président continue de troubler le sommeil de ceux à qui il fait de l’ombre, malgré lui. Cellou Dalein Diallo est la bête noire des régimes autoritaires et des dirigeants usurpateurs, en quête désespérée de reconnaissance et de légitimité démocratique. À défaut de pouvoir le surclasser sur le terrain politique ou de le vaincre dans les urnes, certains se contentent de faire du bruit, de gesticuler dans le vide et de s’adonner à des invectives inutiles. Les moineaux ne voleront jamais aussi haut que l’aigle. La popularité et la légitimité ne se décrètent pas.
Chacun sait que depuis le 5 septembre 2021, les armes ont remplacé les urnes, avec la complicité d’apprentis sorciers politiques et de traîtres à la nation. Une minorité active cherche désormais à soumettre une majorité silencieuse à sa volonté par un usage disproportionné de la force et par une campagne d’intimidation et de répression systématiques. Lorsque le peuple s’éveillera et que la dictature s’effondrera, nombre de ceux qui s’agitent aujourd’hui et crient le plus fort tomberont dans les oubliettes et les poubelles de l’histoire.
En attendant, la Guinée a tragiquement reculé de plusieurs années à cause de la boulimie du pouvoir de certains de ses fils, solidaires dans le mal. Le complot permanent est de retour, tout comme la paranoïa d’État, avec son cortège de malheurs, de larmes et de drames. Dès lors qu’on se démarque de la manipulation et qu’on refuse d’être un relais de la propagande officielle, désormais sans écho dans la cité, on est aussitôt taxé d’ennemi de la nation, voire accusé de conspiration.
Le plus ridicule demeure cette souveraineté à géométrie variable. Tandis qu’on invoque le droit à l’autodétermination comme alibi pour tout se permettre sans rendre de comptes à ses compatriotes ni risquer d’être rappelé à l’ordre par des partenaires exigeants, on s’enorgueillit dans le même temps de recevoir des satisfecit d’une communauté internationale qui a renoncé à son rôle de vigie démocratique afin de ne pas froisser des pseudo-dirigeants, surtout pour préserver ses propres intérêts, en attendant que la démocratie retrouve droit de cité.
Comment un État peut-il à la fois revendiquer une souveraineté sourcilleuse et rechercher la bénédiction de puissances étrangères ? À ce propos, El Hadj Cellou Dalein Diallo ne possède pas de double nationalité et n’a jamais servi qu’un seul pays : la Guinée. Il n’est donc pas tiraillé entre des intérêts divergents ni contraint de partager sa loyauté entre une patrie de naissance et une autre d’adoption. Ce n’est pas à lui que l’on peut reprocher d’être en intelligence avec l’Occident ou d’en être à la solde.
Quant à Christophe Boisbouvier, il est un journaliste au-dessus de tout soupçon, exclusivement au service de sa profession et d’une information impartiale. Il donne la parole à tous les acteurs et pose ses questions en homme libre, non inféodé à un camp et non associé aux forces du mal. Il n’est pas non plus la voix de son maître : avec lui, ce n’est pas la main qui donne qui commande. Il connaît le zèle des nouveaux convertis, tout comme à l’UFDG on sait que qui a trahi trahira.
S’agissant de la crédibilité des résultats de l’élection présidentielle fantoche du 25 décembre 2025, la tribune récemment publiée par l’écrivain Thierno Monénembo, qui ne saurait être soupçonné de rouler pour le « méchant colon blanc », ni accusé de défendre une chapelle politique ou de ruminer l’amertume d’une déconvenue imaginaire, exprime l’opinion largement partagée et le verdict commun : tout cela n’est que mensonge. Morceaux choisis : l’élection est une moquerie, un crachat au visage du peuple de Guinée ; après le putsch par les armes, le putsch par les urnes.
Qui ose encore dire le contraire de ce constat quasi unanime ? Sinon des politiques alimentaires et des hommes qui ont remplacé le cerveau par le ventre, continuant de prêcher dans le désert de leur perdition électorale et de leur déchéance morale désormais consommée et irréversible.
Paraître est le refuge de ceux qui n’ont pas de colonne vertébrale et demeurent mentalement colonisés. Être est dans l’ADN de l’UFDG. C’est aussi le destin implacable de Cellou Dalein Diallo, qui n’est ni un accident de l’histoire ni un feu de paille.
Les dictateurs et les imposteurs passent. L’UFDG et son président demeurent, n’en déplaise aux ennemis de la démocratie et de la nation.
Souleymane SOUZA KONATÉ
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat
