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Reporter, témoin des faits

D.M. Keïta : « Une telle configuration politique indique clairement que nous avons un réel problème de… »

REGARD D’UN ÉCONOMISTE. Doussou Mohamed Keïta, Économiste & Manager stratégique, s’est prêté aux Questions de Farafinainfo.com et a posé son regard averti sur les trois faits marquants de l’actualité africaine de la semaine écoulée allant du lundi 12 janvier au dimanche 18 janvier 2026 en Guinée, en Afrique et dans le Monde. Ses réponses permettront d’éclairer la lanterne des lecteu.rices de notre site panafricain d’informations générales de mieux comprendre les événements politico-économiques et sociaux, qui se sont déroulés sur le continent noir [ACTU DE LA SEMAINE EN 3 QUESTIONS].

Doussou Mohamed Keïta, Économiste & Manager Stratégique   

 

« Et le Président Mamadi Doumbouya, par réalisme et les engagements pris aura en face des défis et opportunités à ne pas négliger et faire fi.»

 

1-[GUINÉE]- Son Excellence Monsieur le Président élu de la République de Guinée Mamadi Doumbouya, qui a prêté serment, ce samedi 17 janvier 2026 au Stade Général Lansana Conté, a promis et martelé : « … Un pays, qui abandonne sa jeunesse, compromet son avenir (…) Je m’engage à gouverner avec intégrité, justice et responsabilité … ». Êtes-vous rassuré par ce discours d’investiture du Président Mamadi Doumbouya ou pas ?

 Ce samedi 17 janvier 2025 marque de nouveau une configuration notre histoire politique, une cinquième République entamée avec l’empreinte du projet Simandou. Il va de soi que le Président Mamadi Doumbouya en tienne compte. Les statistiques affichent que la Guinée est un pays très jeune, avec environ 41 à 46 % de sa population de moins de 15 ans et plus de 60 % de moins de 25 ans, selon les estimations récentes (2022-2025). De plus, nous avons une population caractérisée par un âge médian très bas, autour de 18-19 ans, et une forte proportion d’individus en âge de travailler (15-64 ans) représentant plus de la moitié de la population, ce qui souligne sa jeunesse démographique.

Ces chiffres indiquent une population dominée par les enfants et les jeunes, avec des défis significatifs en matière d’éducation, d’emploi et de développement.

Et le Président Mamadi Doumbouya, par réalisme et les engagements pris aura en face des défis et opportunités à ne pas négliger et faire fi.

Dans un tel scénario de gouvernance, l’assurance ne viendra à coup sûr que des premières actions posées, la ligne de marquage de la gouvernance post-transition. Face aux diverses mutations qui s’opèrent dans la sous-région et dans le reste du monde, les mots ne suffisent plus.

 

« Ce n’est pas le seul cas, le Cameroun avec Paul Biya, (Denis) Sassou Nguesso au Congo.»

 

2-[OUGANDA] – Le Président de la République d’Ouganda, Yoweri Museveni, qui était candidat à sa propre succession, est réélu pour son septième mandat avec 71,65% des suffrages, contre 24,72% pour Bobi Wine, selon le président de la Commission Électorale, Simon Mugenyi byabakama. Et prolonge ainsi ses presque 40 ans de règne aux commandes de ce pays est-africain. Peut-on vraiment affirmer que la démocratie à l’africaine se porte à merveille sur le continent noir ?!

Les histoires politiques africaines sont jonchées souvent moins reluisantes avec des contradictions assez troublantes. Il est question de revoir la copie sur les questions de gouvernance institutionnelle, de démocratie et design institutionnel. L’alternance politique doit être enseignée et pratiquée dans nos jeunes démocraties. C’est qu’à même risible de faire 40 ans de pouvoir et continuer à s’entêter son maintien au pouvoir. Ce n’est pas le seul cas, le Cameroun avec Paul Biya, (Denis) Sassou Nguesso au Congo. Ces situations doivent cesser pour épargner à nos pays, des troubles sociaux politiques avec les dommages causés.

Une telle configuration politique indique clairement que nous avons un réel problème de maturité politique, de pratique et de culture politiques. Ce n’est pas les textes fondamentaux qui constituent des points de blocage plutôt notre degré d’acceptation des réalités exprimées dans nos textes fondamentaux.

 

« À Adama Bictogo de s’abonner au principe de la réalité du RHDP pour éviter d’être mis à l’écart de façon subtile ou subir des représailles. »

 

3-[COTE D’IVOIRE]- Le candidat désigné par le RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix), Patrick Achi, est élu président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire avec 84,98% des suffrages lors de la session inaugurale du tout nouveau parlement ivoirien ce samedi 17 janvier 2026. Quel regard portez-vous sur cette élection du candidat désigné par le Président Alassane Ouattara ?

 Les réalités politiques de chaque pays sont particulières dans des contextes aussi différents. Le nombre de voies ayant porté Patrick Achi à la présidence de l’Assemblée Nationale ivoirienne en dit long et explicite les velléités de succession autour du Président ADO (Alassane Dramane Ouattara). Le président sortant Adama Bictogo, accusé à tort ou à raison de ses prétentions présidentielles, se trouve dans une mauvaise impasse en lisant quelques commentaires juste après l’élection de Patrick Achi. Tous ces faits montrent à suffisance que la culture de parti politique a encore du chemin à faire dans nos pays. La forte personnalisation au sein de nos partis politiques sape inéluctablement le jeu politique interne. Tout se résume à la personne du président du parti, au Président de la République et quand il ne sent pas la tête d’un candidat, tout sera mis au point pour l’écarter pour ne pas irriter le prince. Ce qui est dommage.

Patrick Achi étant le choix du Président ADO, la messe est dite. À Adama Bictogo de s’abonner au principe de la réalité du RHDP pour éviter d’être mis à l’écart de façon subtile ou subir des représailles.

Rédaction de Farafinainfo.com

 

Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat