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Camara Makèmè Konaté, une activiste féministe dans l’âme

#ActuCélébrerFarafinaMousso : [SÉRIE 6/31]- Makèmè Konaté est une militante dans l’âme et mène des combats multiformes pour la cause de la gent féminine, incluant le droit à l’éducation, l’égalité salariale, la lutte contre les violences conjugales, sexuelles … Et pour continuer à mener à bien cette lutte, elle a fait preuve d’imagination et d’ingéniosité en mettant évidemment en place de structures de lutte : Cercle des Jeunes Battantes et Libres de Guinée, Espace-Elles, Semaine de l’Excellence Féminine Africaine… Mme Camara est également la Commissaire Générale des African Women’s Awards (AWA). Découvrez une féministe qui se réinvente sans cesse au gré de ses combats pour la même cause. Portrait. 

Par Hadja Fanta Touré, Journaliste Farafinainfo.com

Comment peut-on vous présenter aux internautes de Farafinainfo.com ?

Je m’appelle Camara Makèmè Konaté, je suis avant tout une mère et épouse. Juriste de formation, femme engagée pour la valorisation du leadership féminin africain. Je suis également la Commissaire Générale des African Women’s Awards (AWA), initiatrice de la Semaine de l’Excellence Féminine Africaine (SEFA), et présidente du Conseil stratégique permanent de Espace-Elles. Mon engagement est né très tôt, sur le terrain, à travers la création du Cercle des Jeunes Battantes et Libres de Guinée. Depuis lors, ma conviction est restée la même : l’Afrique regorge de femmes d’exception, mais elles doivent être visibles, reconnues et célébrées.

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 Si je vous dis que vous êtes une jeune femme d’imagination créatrice, vous pensez à quoi ?

Je pense à la capacité de transformer une indignation en action. Créer, pour moi, ce n’est pas simplement imaginer. C’est structurer une vision, la rendre concrète et l’inscrire dans la durée. Les AWA ne sont pas nés d’un simple désir d’événementiel, mais d’une réflexion profonde sur la représentation des modèles féminins africains. L’imagination devient utile lorsqu’elle sert une cause plus grande que soi.

D’où vous est venue l’idée de créer les AWA ?

L’idée est née lorsque j’avais entre 15 et 16 ans. Lors d’une campagne de sensibilisation dans une école, nous avons demandé aux élèves quels étaient leurs modèles de réussite. Ils ont eu du mal à répondre. Pourtant, moi, à cet âge, j’avais déjà plusieurs femmes africaines comme sources d’inspiration. Lorsque j’ai cité leurs noms, ces jeunes ne les connaissaient pas. C’est à ce moment précis que j’ai compris qu’il existait un déficit de visibilité. L’Afrique a des modèles, mais ils ne sont pas suffisamment exposés. Les AWA sont nés de cette prise de conscience.

 Quelle est la particularité de la 4 édition ?

La 4ᵉ édition marque une transformation majeure. Les African Women’s Awards évoluent et deviennent la Semaine de l’Excellence Féminine Africaine (SEFA). Nous passons d’une cérémonie de distinction à une plateforme continentale structurée autour de plusieurs axes :

– des formations,

– un sommet de haut niveau,

– un concours de présentation de projet (l’AWA Pitch Day)

– des panels intergénérationnels,

– et la cérémonie de distinction.

Comment se déroulent vos rencontres institutionnelles à Conakry ?

Nos rencontres institutionnelles se déroulent dans un climat d’écoute et d’ouverture. Nous sentons une réelle volonté d’accompagner les initiatives en faveur du leadership féminin. La dimension panafricaine du projet nous amène également à étendre ces échanges au-delà des frontières guinéennes. Les 14 autres pays francophones participants sont impliqués dans une dynamique de collaboration et de représentation. SEFA est un projet panafricain, avec un ancrage fort en Guinée.

 À quel niveau êtes-vous dans les préparatifs ?

Nous sommes dans une phase avancée de préparation. Les partenariats sont consolidés, les panels structurés, les intervenants confirmés et la mobilisation est en cours. La conférence de presse de lancement a marqué une étape importante. Nous entrons désormais dans la phase opérationnelle finale.

 Le militantisme de terrain ne vous manque-t-il pas ?

Le militantisme ne m’a jamais quittée. Il a simplement changé de forme. Hier, il était dans les écoles, dans les marchés, sur le terrain, dans la sensibilisation directe. Aujourd’hui, il est institutionnel, stratégique et panafricain. Mais l’objectif reste le même : créer des opportunités concrètes pour les femmes et les jeunes filles. Je crois que l’engagement évolue avec les responsabilités. Il ne disparaît pas, il se structure.

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H.F.T

 

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