Le président de l’UFDG était l’invité de Christophe Boisbouvier ce lundi 12 janvier 2026.
Si El Hadj Cellou Dalein Diallo n’appelle ni à la guerre ni à une confrontation ouverte et frontale, il ne se berce d’aucune illusion : il n’existe pas d’alternative crédible à la résistance, à la lutte et à un sursaut national salvateur.
Le président de l’UFDG se présente comme un homme calme et serein, mais aussi ferme et intransigeant face à un pouvoir militaire qu’il juge rétrograde. À ses yeux, le 28 décembre 2025, aucun président de la République n’a été élu. Ce qui s’est produit relève d’un simulacre d’élection présidentielle, assimilable à un nouveau coup d’État, cette fois constitutionnel, venant s’ajouter à celui, sanglant, du 5 septembre 2021.
C’est pourquoi il dénie toute légitimité aux autorités actuelles, déjà désavouées une première fois lors du référendum de septembre 2025, puis à nouveau lors du dernier scrutin présidentiel, organisé pour de simples convenances politiques. Selon lui, le régime d’exception se poursuit, la transition militaire se prolonge indûment, en attendant que le pays renoue enfin avec l’ordre constitutionnel à travers de véritables élections, transparentes, inclusives et équitables.
Si cette issue peut être atteinte à moindre coût pour la nation, sans effusion de sang ni chaos, telle est sa préférence en tant que leader responsable et patriote. Mais si la junte persiste dans son déni et dans sa volonté affichée de confiscation du pouvoir, il n’y aura aucune concession, ni faiblesse ni capitulation.
Dans cette logique, la suspension arbitraire de l’UFDG et la menace de dissolution du parti, véritables instruments de chantage politique, ne l’ébranlent en rien et n’entament nullement sa détermination à vaincre ce qu’il considère comme les forces du mal. Par le passé, il a déjà fait la preuve de son courage et de son engagement face aux épreuves les plus rudes.
En dénonçant le climat de terreur qui règne dans le pays, marqué par les assassinats, les disparitions forcées et les enlèvements, bref une dérive sanguinaire, il ne cherche ni excuses ni alibis pour se soustraire à ses responsabilités. Il souligne simplement que le contexte actuel n’est pas celui de l’exercice libre des droits et des libertés ni d’une pratique démocratique civilisée, mais bien celui d’un engagement à caractère sacrificiel et d’une lutte comportant tous les périls.
À cet égard, et c’est essentiel, il n’est question pour lui d’aucun compromis avec des autorités qui ne comprennent que le langage du rapport de force, encore moins de compromission. Ce n’est pas un hasard si le président de l’UFDG demeure la cible privilégiée de la junte. Cette hostilité s’explique par son refus catégorique de coopérer pour légitimer le pouvoir militaire ou de lui servir de caution. Il s’agit là d’une position de principe, d’honneur et non négociable.
Au demeurant, El Hadj Cellou Dalein Diallo connaît les attentes de sa base et les aspirations profondes du peuple de Guinée. Ce sont elles seules qui déterminent sa trajectoire politique et fondent ses convictions. Toutefois, tout ne peut être dit ni fait sur la place publique. D’où, parfois, le sentiment chez certains qu’il manie le bâton et la carotte, et chez d’autres qu’il tarde à aller à la confrontation.
En clair, face à un pouvoir sourd et aveugle, certains n’attendent plus de lui le discours mesuré d’un leader politique raisonnable et cohérent, mais celui d’un chef de guerre devant ses troupes, prêt à livrer bataille pour arracher la victoire.
Un message qui est loin de tomber dans des oreilles de sourds.
La bataille ne fait que commencer. Elle se gagnera moins par les discours que par les actes.
Alors, patience, militants et peuple de Guinée.
Souleymane SOUZA KONATÉ
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat
