À l’heure où les partisans du pouvoir militaire, portés par une euphorie triomphaliste, proclament bruyamment leur suprématie, le président de l’UFDG affûte ses armes politiques avec une détermination renouvelée. Son ambition demeure intacte : rétablir le peuple de Guinée dans sa souveraineté trop longtemps bafouée. L’histoire nous enseigne qu’aucune bataille n’est définitivement perdue, et encore moins une guerre de principes. S’il existe des victoires au goût amer, il existe aussi des traversées du désert qui ne sont que le prélude à des triomphes éclatants.
Certains s’empressent de s’ériger en maîtres absolus du pays, s’appuyant sur une apparente résignation des populations et sur l’illusion qu’il n’existerait plus, en face, d’opposition capable de bousculer l’ordre établi ou d’imposer un véritable changement. D’autres parient hâtivement sur la mort politique d’acteurs qui n’ont pourtant rien perdu de leur légitimité et dont la popularité, profondément ancrée, demeure intacte. C’est une méprise tragique que de confondre le fracas des armes avec l’écho souverain des urnes. Faute de savoir convaincre, ces tenants du pouvoir ont choisi de vaincre par la contrainte.
Le président de l’UFDG vit certes aujourd’hui en exil, mais il n’a sans doute jamais été aussi fort ni aussi résolu à libérer la Guinée du joug qui l’opprime. À ce sujet, il aime rappeler qu’il fallut au général de Gaulle, à un tournant crucial de son destin et de l’histoire de France, prendre du recul pour mieux structurer la Résistance. C’est depuis Londres, à travers les ondes de la BBC, qu’il haranguait les Français afin de les rallier à la libération nationale. Les actes ont suivi les paroles, et ses appels ont allumé une ferveur patriotique qui a fini par triompher de l’oppression.
El Hadj Cellou Dalein Diallo sait que la flamme de la lutte peut jaillir partout. Elle s’organise avec la même vigueur depuis le sol national qu’à partir de l’étranger, l’essentiel résidant dans l’aboutissement du combat. Il est disposé à en payer le prix et à en assumer le coût, lui qui a déjà, par le passé, enduré dans sa chair et dans son âme les épreuves inhérentes à son engagement patriotique.
Les militants de l’UFDG, ainsi que tous les Guinéens épris de liberté et de justice, sont aujourd’hui invités à se mobiliser à ses côtés pour cette cause sacrée. Seul, nul ne peut accomplir de tels prodiges ; mais soutenu par un peuple conscient, déterminé et solidaire, il est en mesure de rétablir la nation guinéenne dans ses droits, son honneur et sa dignité. C’est dans l’union des volontés, la persévérance du combat et la fidélité aux idéaux démocratiques que chaque citoyen pourra, demain, renouer avec les délices de la liberté et bénéficier pleinement des bienfaits inaliénables de l’État de droit et de la démocratie.
Il n’y a pas de leader providentiel sans un peuple debout pour le porter, le protéger et l’accompagner jusqu’à la victoire. L’histoire ne se subit pas : elle s’écrit par le courage des peuples qui refusent la résignation. Vivement le sursaut collectif, vivement l’éveil des consciences, pour que la Guinée retrouve enfin le chemin de sa grandeur.
Souleymane SOUZA KONATÉ
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat
