#ActuCélébrationdelaJournéeInternationaleGN – L’Ambassade du Royaume-Uni en République de Guinée a abrité, ce jeudi 18 juin 2026, à Conakry, la cérémonie de commémoration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit. Cette cérémonie commémorative, qui a été organisée en partenariat avec l’ONG (Association des Victimes, Parents et Amis du 28 Septembre), avait réuni un beau monde autour de S.E.M Daniel Shepherd, Ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée particulièrement Patricia Adeline Lamah, Ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA et des victimes ainsi que des corps diplomatiques, des représentants des institutions nationales comme le Programme National de Santé Mentale (PNSM), des militants de société civile.
Par Camara Mamady, Journaliste Farafinainfo.com
Après les salutations d’usage, Asmaou Diallo, présidente de l’ONG AVIPA, a dit dans son discours de circonstance après les salutations d’usage : « Mesdames et Messieurs, permettez-moi de commencer par les mots d’une survivante. Elle disait : ‘’’Après les événements du 28 septembre, j’avais honte de moi. Chaque regard posé sur moi me semblait être un jugement. J’avais l’impression d’être dénudée devant les autres. Je n’osais plus lever la tête de peur de croiser le regard de la société, surtout celui des membres de ma propre famille. Pendant longtemps, je me suis définie par ce que j’avais subi. Je pensais que ma vie s’était arrêtée ce jour-là. Mais aujourd’hui, grâce à l’accompagnement que nous avons reçu, grâce aux thérapies, grâce au soutien des autres survivantes et de toutes celles et ceux qui ont refusé de nous abandonner, je comprends une chose essentielle : je ne suis pas une victime condamnée à vivre dans la honte, je suis une héroïne. J’ai vécu, j’ai survécu, je me suis relevée. Et aujourd’hui, je suis debout pour me battre, pour faire entendre ma voix et pour aider d’autres femmes à croire qu’elles aussi peuvent se reconstruire.’’ Mesdames et messieurs, ces mots résument parfaitement le sens de notre rencontre aujourd’hui. Ils résument également ce qu’est AVIPA. Depuis sa création, une organisation née de la douleur, mais qui a choisi l’espoir. Une organisation née de l’injustice, mais qui a choisi le combat. Une organisation née du silence, mais qui a choisi la parole. Seize années après les événements du 28 septembre 2009, les survivantes continuent de porter des blessures visibles et invisibles. Certaines vivent encore avec les séquelles physiques des violences subies. D’autres continuent de lutter contre la honte, la culpabilité, la stigmatisation ou l’exclusion économique. Pour beaucoup, le traumatisme reste une réalité quotidienne. Mais si nous sommes réunis aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour vous parler de souffrance. Nous sommes réunis pour parler de courage. Nous sommes réunis pour parler de résilience. Nous sommes réunis pour parler de transformation. Car les survivantes ne sont plus seulement des femmes qui ont survécu. Elles sont devenues des femmes qui agissent, qui entreprennent et qui dirigent, qui sensibilisent, qui accompagnent et qui inspirent. Le thème de cette journée, de la survie au leadership, le pouvoir transformateur des survivantes, est donc bien plus qu’un slogan. C’est une réalité que nous observons chaque jour. »
« Mais derrière ces chiffres, il y a des histoires. Il y a des femmes… »
Et d’égrener le chapelet de réalisations de son ONG : « Au cours de l’année 2025, AVIPA a accompagné 256 survivantes, assuré des dizaines de prises en charge médicales, organisé des séances de soutien psychologique et poursuivi son accompagnement juridique auprès des victimes engagées dans la quête de justice. Mais derrière ces chiffres, il y a des histoires. Il y a des femmes qui ont retrouvé confiance en elles après des années de silence. Il y a des femmes qui ont accepté pour la première fois de raconter leur histoire. Il y a des femmes qui ont retrouvé leur dignité. Il y a des femmes qui sont devenues des leaders. Le Centre des survivantes de Maferinyah incarne cette transformation. Créé pour un espace de guérison, de mémoire et d’autonomisation, il est aujourd’hui devenu un symbole d’espoir. En 2025, 100 survivantes y ont été formées à des activités génératives de revenus. Certaines produisent aujourd’hui du savon, d’autres développent des activités de teinture ou de transformation artisanale. Plusieurs sont désormais capables de générer leurs propres revenus et de soutenir leurs familles. Mais le changement le plus important n’est pas économique. Le changement le plus important est intérieur. Une survivante nous a dit. »
C.M
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat
