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PRIORITÉ SANTÉ MENTALE EN GUINÉE : Les prestataires régionaux se forment au guide mhGAP pour intégrer les soins primaires

#ActuSantéGN – Le lundi 06 juillet 2026, le Secrétaire Général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, Dr Mory Keïta, a procédé à l’ouverture de l’atelier de formation de 40 prestataires régionaux. Cet atelier de 6 jours porte sur les modules du guide mhGAP de l’OMS et vise à intégrer la santé mentale dans les soins de santé primaires en Guinée.

Lors de l’ouverture de l’atelier de formation, Dr Mory Keïta, s’exprimant au nom du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a tenu à saluer cette belle initiative de la Coordination du Programme National de Santé Mentale (PNSM), affirmant sans détour que la santé mentale est une priorité absolue de notre département. « Le mandat que le Chef de l’État a confié à Mme la Ministre Khaïté Sall est clair : nous devons bâtir un système de santé modèle, inclusif et performant, capable de répondre aux menaces épidémiques, mais aussi d’intégrer pleinement la santé mentale au plus près des communautés. C’est une vision globale qui s’inscrit dans la couverture sanitaire universelle », a-t-il souligné.

 

Dr. Mory Keita, Secrétaire Général du Ministère de la Santé  et de l’Hygiène Publique

 

« En collaboration avec le Programme National de Santé Mentale et notre partenaire de mise en œuvre FMG, nous avons introduit la santé mentale dans 14 centres de santé dans les districts de Labé, Mamou, Boké et Kindia … »

 

Dr. Mouctar Bayo, représentant Memisa Belgique

Dans son discours, Dr Mouctar Bayo a déclaré d’emblée : « Je voudrais rappeler que Memisa Belgique, l’organisation que je représente, s’engage depuis 2017 pour l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires en Guinée. En collaboration avec le Programme National de Santé Mentale et notre partenaire de mise en œuvre FMG (Fraternité Médicale Guinée), nous avons introduit la santé mentale dans 14 centres de santé dans les districts de Labé, Mamou, Boké et Kindia, grâce au financement de la coopération belge. Par ailleurs, le soutien de l’Union européenne, via l’agence Enabel, nous a également permis d’intégrer cette approche dans 4 centres de santé de la commune de Matoto, à Conakry ». Évoquant cette initiative d’Africa CDC, il a martelé : « Cette initiative du CDC ne me surprend pas, car je côtoie, en Guinée, des personnes qui ont bénéficié des formations organisées par CDC. Je suis convaincu que d’autres Guinéens pourront, à leur tour, bénéficier comme le Dr Tanou et le Dr Faye, que je connais personnellement, en sont de parfaits exemples. Nous sommes confiants : avec la dynamique impulsée par le Ministère de la Santé, par le biais de son bras armé qu’est le Programme National de Santé Mentale, nous atteindrons nos objectifs. »

« Cette formation contribue directement à la mise en œuvre de la stratégie d’Africa CDC sur les maladies non transmissibles, les traumatismes et la santé mentale. Elle s’inscrit également dans notre programme phare de leadership en santé mentale, qui vise… »

 

Dr. Adelart Kakunze, représentant Africa CDC

« Monsieur le Secrétaire général, Africa CDC est particulièrement honoré de s’associer aujourd’hui au lancement de cette formation cruciale. Celle-ci est dédiée à la santé mentale, au soutien psychosocial et à leur intégration globale dans la gestion des épidémies et des urgences de santé publique. » C’est ainsi qu’a débuté le discours du Dr Adelard Kakunze, représentant Africa CDC. Et de rappeler : « Depuis le lancement de la stratégie continentale pour les maladies non transmissibles, c’est la première fois que nous avons l’opportunité de nous rendre dans ce grand pays de l’Afrique de l’Ouest, et c’est un véritable honneur. Permettez-moi d’adresser mes chaleureuses félicitations au ministère de la Santé, et en particulier au Programme national de santé mentale, pour cette initiative. Je tiens également à saluer le leadership des hauts responsables du ministère pour leur participation à cette ouverture, en dépit de leurs agendas surchargés. À travers cette action, vous démontrez votre volonté de placer la santé mentale au cœur des priorités sanitaires. Comme cela a été souligné, nos pays font face à de nombreux défis. La santé mentale est malheureusement trop souvent reléguée au second plan face à d’autres urgences (…) Cette formation contribue directement à la mise en œuvre de la stratégie d’Africa CDC sur les maladies non transmissibles, les traumatismes et la santé mentale. Elle s’inscrit également dans notre programme phare de leadership en santé mentale, qui vise à former une nouvelle génération de leaders capables de transformer durablement les systèmes de santé en Afrique. C’est une grande fierté de voir cette initiative portée par des professionnels africains, de véritables champions ayant bénéficié de ce programme. Le représentant de Memisa m’a devancé, car je tenais particulièrement à les mettre en lumière : nous comptons parmi nous Dr. Ousmane Tanou Diallo et Dr. Salématou Faye, tous deux lauréats du niveau intermédiaire de notre programme de formation en épidémiologie de terrain. Ils ont achevé ce parcours l’année dernière, après neuf mois de travail intense, et nous sommes particulièrement fiers de les voir porter cette initiative aujourd’hui. »

« Face à cette situation, la famille n’a qu’un seul recours : appeler le médecin généraliste du quartier. »

 

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Haby Dieng, Responsable des Maladies non Transmissibles et Santé Mentale de l’OMS en Guinée

 

Haby Dieng, Responsable des Maladies non Transmissibles (MNT) et Santé Mentale au Bureau de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en Guinée, a commencé son allocution de circonstance par un récit : « C’est avec un profond sens des responsabilités que je prends la parole. Permettez-moi de commencer par une histoire qui pourrait être celle de n’importe laquelle de nos familles. C’est l’histoire d’une jeune femme de 30 ans. Après avoir passé plusieurs nuits sans sommeil, elle s’est mise à répandre du sel sur la terrasse, persuadée que, de façon mystique, on cherchait à s’en prendre à son père. Sa mère fond en larmes, son père est désemparé. Face à cette situation, la famille n’a qu’un seul recours : appeler le médecin généraliste du quartier. Ce jeune médecin interroge la jeune femme. La famille passe alors plusieurs appels pour savoir s’il faut hospitaliser leur fille. Mais finalement, les proches y renoncent, par crainte de la stigmatisation et du regard des autres. » Elle n’a pas manqué de rappeler : « Ce que cette famille a vécu ce matin-là n’est pas un cas isolé. Partout dans le monde, la souffrance psychique reste largement invisible et sous-traitée. Combien de familles, contrairement à celle de notre histoire, n’ont parfois personne à appeler ? Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 76 à 85 % des personnes souffrant de troubles mentaux sévères ne sont pas traitées. De plus, près de la moitié de la population mondiale vit dans un pays avec un seul psychiatre pour 200 000 habitants… »

Il faut souligner que la formation des 40 prestataires régionaux a été rendue possible grâce à l’implication d’éminents universitaires, médecins et formateurs guinéens et africains.

 

Camara Mamady, Chargé de Com du PNSM pour Farafinainfo.com

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