Tribune : 🔮🟡🟱 AprĂšs 63 ans (RĂ©)apprendre Ă  aimer la GUINÉE 🇬🇳 (Par SoninkĂ© DianĂ©)

Nous sommes une vieille nation, une veille civilisation. Notre pays, la Guinée, naquit le 02 octobre 1958, avant cette République, ce territoire existait déjà.

Ce territoire a connu les grands empires et civilisations africaines, nous en citerons l’empire du Ghana, l’empire Sosso, l’empire du Mali, l’empire Sonrhaï
 Ces empires avaient des formes d’organisations politique, culturelle, sociale, Ă©conomique
 Les mĂȘmes peuples actuels vivaient ensemble et cohabitaient dans des pactes traditionnels, qui les unifiaient au-delĂ  de la diversitĂ© ethniques, religieuses, culturelles


Ce pays, la GuinĂ©e, est une nation merveilleuse, cette nation est une mosaĂŻque par sa diversitĂ© ethnique et naturelle. La GuinĂ©e est le reflet et la symbiose de l’Afrique, que vous constaterez en traversant ses quatre rĂ©gions naturelles : la GuinĂ©e Maritime, la Moyenne GuinĂ©e, la Haute GuinĂ©e et la GuinĂ©e ForestiĂšre.

En visitant la GuinĂ©e, vous aurez l’impression que vous quittez d’un pays Ă  un autre, c’est de-lĂ  que nait la beautĂ© de son paysage naturel, la douceur de son climat, la richesse de sa flore et de sa faune, ainsi que la diversitĂ© de sa population.

Apprendre Ă  aimer la GuinĂ©e, c’est connaĂźtre le pays dans sa diversitĂ©, son histoire, sa tradition, sa nature, sa beautĂ©, son Ă©ducation, sa sociologie, son Ă©conomie, sa gĂ©ographie



Ainsi, le ciment pour amener les GuinĂ©ens Ă  aimer leur pays, la GuinĂ©e, c’est de comprendre la GuinĂ©e, c’est de permettre Ă  chaque fils et fille d’avoir une bonne Ă©ducation, une bonne formation acadĂ©mique et professionnelle, c’est d’avoir un Etat protecteur, neutre et fort.

L’école doit ĂȘtre le centre de la RĂ©publique, elle doit ĂȘtre le lien sacrĂ© entre le citoyen et sa nation, avec sa composition historique, culturelle, sociale, car Ă  partir de l’école, nous pouvons faire naĂźtre le citoyen guinĂ©en amoureux de son pays, fier de ses ancĂȘtres, le citoyen engagĂ© pour lequel la nation est sacrĂ©e, la RĂ©publique est inviolable, l’Etat est un et indivisible.

Cependant, notre pays traverse une crise profonde ; une mutation d’une gĂ©nĂ©ration qui n’aurait pas rĂ©ussi Ă  transmettre les valeurs rĂ©publicaines, mais un fils ne se plaint pas de ses pĂšres, il doit se battre pour mieux faire que ses pĂšres.

Nous ne devrons pas nous plaindre, nous devrons nous mettre au travail par la recherche de la vérité réparatrice, la justice réparatrice et le pardon réparateur.

Car nous ne devrons aucunement ĂȘtre des fils et filles de la haine, les fractures mĂ©morielles de notre histoire commune ne doivent pas ĂȘtre des ‘’histoires’’, ne doivent pas non plus servir de tremplin pour des politiciens en manque de visions et d’offres politiques pour confondre nos institutions aux ethnies, aux communautĂ©s.

Nous disons non, la GuinĂ©e a marquĂ© son histoire en lettre d’or dans le panthĂ©on des grandes nations du monde.

Cela se dĂ©montre, nous sommes descendants des hommes libres, attachĂ©s Ă  la libertĂ© et la dignitĂ©, la plupart des pays ont connu des siĂšcles de colonisations, nous avons connu moins de soixante ans, car nos devanciers se sont battus jusqu’à bout de souffle, nous sommes les petits fils de :

 Almamy Samory TOURE,

 Almamy Bocar Biro BARRY

 Mohammad Dinah Salifou CAMARA

 Zégbéla Togba PIVI

 Gbénkouno SADJI

 Alpha Yaya DIALLO

 Kissi Kaba KEITA

AprÚs, les années de résistances, les colonisateurs ont gagné sur nos devanciers, notre pays fut alors colonisé, mais la lutte pour la liberté fut faite par les dignes héritiers de ses anciens, nos héros, nos aïeux, le peuple de Guinée aprÚs consultation suite au referendum gaulliste qui prÎnait la création de la communauté française. La Guinée fut la seule à rejeter et notamment son titre consacré à la communauté et proclame son indépendance le 2 octobre 1958.

En rendant un vibrant hommage Ă  cette gĂ©nĂ©ration dont l’ñge variait entre 17 ans Ă  40 ans, ELLE ! Cette gĂ©nĂ©ration a Ă©crit une belle page de la libertĂ© et de la dignitĂ© des peuples africains et opprimĂ©s du monde sous le leadership Ă©clairĂ© du feu PrĂ©sident Ahmed SĂ©kou TourĂ© et ses compagnons.

Leur gĂ©nĂ©ration a permis la naissance d’une nouvelle Nation, une nouvelle RĂ©publique, un nouvel Etat, avec ses premiĂšres institutions, l’armĂ©e, la monnaie, la police, l’administration, les Ă©coles, les collĂšges, les universitĂ©s, les centres professionnels, les usines, les infrastructures socio-Ă©conomique de base pour l’émancipation du nouvel Etat.

Notre choix a eu pour corolaire le rappel et rapatriement de plus de 3000 Français sous menace pour ceux-ci d’ĂȘtre dĂ©chu de leur nationalitĂ©, les infrastructures coloniales dĂ©molies, certains documents jetĂ©s dans les fleuves ou dans la mer, le rapatriement des devises importantes vers la mĂ©tropole.

La France de Charles de GAULLE ne pardonna pas le nouvel Etat GuinĂ©en qui a mis fin son plus son plus grand rĂȘve d’empire colonial au monde.

Une fois de plus, nous devrons Ă  apprendre Ă  aimer notre pays dans toute sa splendeur, dans sa joie, dans sa peine, oui, la GuinĂ©e a connu des pĂ©riodes difficiles, son destin est prometteur avec son choix d’assumer et de choisir le difficile
.

En consĂ©quence, la mĂ©tropole reconnaĂźt avoir fomentĂ© Ă©normĂ©ment de complot contre la GuinĂ©e par complicitĂ© de certains de ses fils, oui et oui, il fallait dĂ©truire et provoquer la dĂ©chirure du tissu social, en profitant de notre fĂ©brilitĂ©, il fallait nous faire regretter notre choix audacieux de libertĂ©, notre peuple ne pouvait que choisir l’indĂ©pendance pour honorer toute l’Afrique et nos valeureux rĂ©sistants Ă  la pĂ©nĂ©tration coloniale.

Oui, il fallait opposer les fils et filles de la GuinĂ©e dont certains passĂšrent l’arme Ă  gauche dans des situations que nous aurons besoin d’élucider et faire lumiĂšre pour aider les gĂ©nĂ©rations futures Ă  comprendre ses pĂ©riodes dans toutes ses facettes.

Par ailleurs, aprĂšs la mort du pĂšre des indĂ©pendances, la GuinĂ©e a connu un coup d’Etat, qui marqua l’arrivĂ©e des militaires au pouvoir, le 3 avril 1884 sous le leadership du feu PrĂ©sident Lansana ContĂ©, l’enfant de Bouramaya.

Ce groupe d’officier fut alors embastillĂ© par les Conseillers occultes pour savamment dĂ©truire l’essentiel de la construction de notre nation par la liquidation fantaisiste des industries, des acquis du rĂ©gime prĂ©cĂ©dent, en jetant le bĂ©bĂ© avec l’eau du bain.

Comme le dirait l’autre aucun rĂ©gime n’est innocent, il faut simplement savoir faire sa mue, en gardant ce qui est Ă  protĂ©ger et amĂ©liorant les faiblesses.

Avec la pĂ©riode des militaires, nous avons connu le multipartisme intĂ©gral qui malheureusement est en train d’ĂȘtre instrumentalisĂ© Ă  des fins communautariste et ethniques.

Comme toujours l’histoire se rĂ©pĂšte en GuinĂ©e ! Dieu, dans sa grandeur, rappela Ă  jamais le feu PrĂ©sident General Lansana ContĂ© le 22 dĂ©cembre 2008, comme pas coup d’éclat les militaires reprennent le pouvoir sous la houlette du Capitaine Moussa Dadis Camara, qui cĂšdera sa place au GĂ©nĂ©ral SĂ©kouba KonatĂ© aprĂšs avoir Ă©chappĂ© Ă  un assassinat. Celui-ci conduira la transition qui prendra fin aprĂšs les Ă©lections mouvementĂ©es de 2010.

Cette Ă©lection aura pour gagnant au deuxiĂšme tour, l’opposant historique le professeur Alpha CondĂ©, le nouveau Chef de l’Etat et PrĂ©sident de la RĂ©publique.

Depuis le dimanche 5 septembre 2021, nous sommes dans une autre phase d’une transition militaire opĂ©rĂ©e par le Colonel Mamady Doumbouya des forces  spĂ©ciales, PrĂ©sident CNDR, Chef de l’Etat de GUINÉE.

EspĂ©rant que c’est le LION NOIR des prĂ©monitions qui portera haut les devises de la Nation GUINÉENNE :

🔮 TRAVAIL

🟡JUSTICE

🟱SOLIDARITÉ  ?

C’est une autre page d’espĂ©rance de notre nation que nous rĂ©ussirons Ă  relever le defis en interrogeant l’intelligence de notre peuple du 28  septembre 1958.

C’est pourquoi apprendre Ă  aimer son pays, c’est aussi pouvoir surpasser les erreurs des diffĂ©rents rĂ©gimes. MalgrĂ© les difficultĂ©s, notre nation continue sa marche vers le progrĂšs. Chaque rĂ©gime a pu poser des actions positives dans l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Certes, nous avons constatĂ© des manquements, des faiblesses, des forces qui doivent ĂȘtre amĂ©liorĂ©s ou changĂ©s pour une GuinĂ©e prospĂšre, riche, forte, dĂ©veloppĂ©e, Ă©panouie
.

Loin s’en faut, loin de moi, faire un bilan contre bilan, c’est de permettre Ă  chaque guinĂ©en de chercher Ă  comprendre son pays au plus profond, nous devrons sortir de notre zone de confort si dangereux, qui nous amĂšne Ă  la plus petite expression humaine, la manipulation ethnique et communautaire, qui est un recul pour notre pays.

Il n’y a pas de point final Ă  l’histoire d’une nation, il n’y a que des virgules, Ă  chaque gĂ©nĂ©ration d’y rajouter son rĂ©cit, la nĂŽtre est celle de l’engagement citoyen gage de la renaissance comme pour dire que plus la conscience Ă©largit son champ d’action, plus le peuple s’éduque, plus la nation progresse.

La GuinĂ©e sera ce que nous voudrons, nous les fils et filles de GuinĂ©e, nous avons marquĂ© l’émancipation du leadership continental, le leadership des jeunes d’Afrique, la GuinĂ©e y Ă©tait Ă  la tĂȘte, le leadership des femmes d’Afrique, la GuinĂ©e y tenait le porte flambeau, sans oublier que le leadership Ă©clairĂ© de notre pĂšre de l’indĂ©pendance a marquĂ© le monde et particuliĂšrement l’Afrique.

Sous son bon office et la nĂ©gociation, pour la premiĂšre fois un prĂ©sident Africain intervenait dans une crise hors du continent et arriva Ă  y rĂ©ussir avec brio Ă  mettre fin Ă  la guerre entre l’Irak et l’Iran. Ce pays est un bijou pour les peuples anti-impĂ©rialiste et une grande nation de culture internationaliste d’aprĂšs le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU Antonio Guterres.

Aujourd’hui est un moment privilĂ©giĂ© de marquer une pause pour Ă©valuer les Ă©tapes franchies par notre pays, durant plus d’un demi-siĂšcle en matiĂšre de dĂ©veloppement humain, en faisant le point des succĂšs, des difficultĂ©s, et des ambitions, et en tirant les enseignements des choix opĂ©rĂ©s durant cette pĂ©riode historique, et des grands tournants qui l’ont marquĂ©.

Notre objectif est de consolider nos choix d’avenir, clairement et en toute confiance, en soulignant au passage, en toute objectivitĂ© et en toute Ă©quitĂ©, les efforts qui ont Ă©tĂ© consentis pour mettre la GuinĂ©e sur la voie de l’édification d’un Etat moderne.

Telle est la plus belle maniĂšre d’ĂȘtre fidĂšle Ă  la mĂ©moire des artisans de l’indĂ©pendance de la patrie, c’est le plus grand stimulus qui incite Ă  redoubler d’efforts pour poursuivre l’Ɠuvre d’édification d’une guinĂ©e forte, un dĂ©fi qui ne saurait entamer la volontĂ© de notre jeunesse imprĂ©gnĂ©e de l’esprit de nationalisme historique et acquises aux valeurs de citoyennetĂ© dĂ©mocratique.

A la lumiĂšre de tout ce qui prĂ©cĂšde, il est nĂ©cessaire de voir et de comprendre les acquis et les manquements et les perspectifs des diffĂ©rents rĂ©gimes sans en faire un bilan de rĂ©gime contre rĂ©gime, mais un dĂ©bat porteur d’idĂ©e nouvelle pour une GuinĂ©e forte, unie et dĂ©veloppĂ©e, dont le pilier serait le mĂ©rite.

La GuinĂ©e a optĂ© pour le travail, justice, solidaritĂ©, qui reprĂ©sentent notre devise, que nous devrons ĂȘtre capable de mettre en exergue tous les jours, selon notre statut d’ouvrier, cadre, haut cadre, manƓuvre, planteur


En Ă©crivant, cette plume, depuis 2010 Ă  nos jours beaucoup de guinĂ©ens (civils, hommes et tenues) sont tombĂ©s sur les balles assassines, des vies brisĂ©es, des biens publics et privĂ©s dĂ©truits, nous voulons justice pour ne plus jamais continuer Ă  Ă©loigner les GuinĂ©ens de la Nation, de la RĂ©publique, de l’Etat, pour apprendre Ă  aimer la GuinĂ©e, le citoyen Ă  besoin d’un Etat protecteur, justicier et Ă©quitable. Je m’incline pieusement devant la mĂ©moire des victimes, paix Ă  leurs Ăąmes.

Enfin, apprendre Ă  aimer la GuinĂ©e c’est aussi gĂ©rer autrement le pays, en rassurant les uns et les autres dans un esprit de travail, de justice et de solidaritĂ©. Alors balle Ă  terre, aimons-nous, aimons notre diversitĂ©, cultivons et agissons pour la paix en GUINEE.

PrĂ©parons le lit du dĂ©veloppement pour offrir des perspectives heureuses aux populations, surtout Ă  notre jeunesse. Pensons Ă  l’avenir de nos enfants, petits-enfants. Nous devrons les lĂ©guer un havre de paix et de dĂ©veloppement harmonieux.

â€đŸ•ŠđŸ˜đŸ‡ŹđŸ‡ł

Soninké Diané, Consultant/Formateur

Tel: 622 57 48 60