L’Économiste D.M. Keïta : “ Tantôt, il (Cellou Dalein Diallo) est à Dakar, tantôt Abidjan, ce scénario laisse la porte ouverte à … »

REGARD D’UN ÉCONOMISTE. Doussou Mohamed Keïta, Économiste de son état, s’est prêté aux Questions de Farafinainfo.com et a posé son regard sur l’actualité marquante de la semaine du lundi 04 au dimanche 11 août 2025 en Guinée, en Afrique et dans le Monde pour votre site panafricain d’informations générales [ACTU DE LA SEMAINE EN 3 QUESTIONS]

 

Doussou Mohamed Keita, Economiste

 

 

M Kamto est victime d’un écosystème allergique à toute démarche d’alternance au sommet de l’Etat.”

 

1) – [CAMEROUN] – Paul Biya ne retrouvera pas son principal opposant, Maurice Kamto face à lui lors de la prochaine élection présidentielle 12 octobre 2025. La décision du Conseil constitutionnel est « définitive et irrévocable ». Elle confirme la première invalidation prononcée le 26 juillet par le Conseil électoral. “, rapporte TV5MONDE. Quel commentaire faites-vous sur l’élimination de cet opposant politique, de surcroît ancien ministre du Président Paul Biya, qui était arrivé deuxième lors du scrutin présidentiel d’octobre 2018. Et il avait même revendiqué la victoire de cette élection présidentielle ?

Le design institutionnel de nos États est conçu de telle sorte qu’il favorise assez de gymnastiques pour l’exécutif. Le cas camerounais en est une parfaite illustration. C’est voulu et un tel dispositif ne peut favoriser un réel développement économique, social du Cameroun. En référence à Transparency International, il n’est pas classé par Transparency International en 2025, car l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) est publié chaque année, et la dernière édition date de 2024. En 2024, le Cameroun était classé 134e sur 180 pays, avec un score de 26 sur 100.

Parce qu’on retrouve les mêmes personnes figées dans les centres décisionnels par ricochet, il y a une éclosion d’affairismes, de clans, de communautés, de familles qui fait appel à l’impunité, de détournement de deniers publics.

L’un des ingrédients majeurs de la démocratie demeure l’alternance et quand on a décidé d’opter pour ce mode de gestion du pouvoir, du fonctionnement de la République, il faut assumer, accepter les exigences qui vont avec.

J’ai du respect pour le peuple camerounais mais se laisser manipuler par une gouvernance de sénilité mérite une grande interrogation. Vous imaginez, un huitième mandat pour quelle finalité ? Quels résultats ?

Le prix de l’entêtement est assez coûteux avec ses conséquences imprévisibles.

M Kamto est victime d’un écosystème allergique à toute démarche d’alternance au sommet de l’Etat. Il faut assez de pédagogie pour un réveil de conscience pour éviter ce scénario de : après moi, le déluge.

Le président Talon l’a brillamment expliqué il y a quelques jours sur le fait de ne pas permettre aux mêmes personnes de durer trop au pouvoir.

 

M Bah Oury ne peut aller que dans le sens de la mesure prononcée par les services du Consulat de la République de Guinée à Abidjan.”

 

2)- [GUINÉE] – Bah Oury, Premier Ministre /Chef du Gouvernent de la Transition en Guinée sur RFI : “Je pense que [Cellou Dalein Diallo] a un problème en termes de résidence. Vous savez, si vous êtes non-résident dans une ville ou dans une collectivité, il faut que vous attestiez d’une résidence d’une certaine durée. Il y’a aucune volonté d’exclure qui que ce soit dans ce processus.” Qu’en pensez-vous ?

 

 

Cette transition est marquée par de nombreuses tactiques de part et d’autre mais le CNRD (Comité National du Rassemblement pour le Développement, ndlr) tire toujours son épingle du jeu. Ne l’oublions pas, nous avons des militaires au pouvoir donc tout ce qui est stratégie c’est leur tasse de thé. M Bah Oury ne peut aller que dans le sens de la mesure prononcée par les services du Consulat de la République de Guinée à Abidjan. Il y’a un mécanisme mis au point pour prouver son lieu de résidence hors du pays, est-ce que M Cellou Dalein remplit-il ces conditions ?

Tantôt, il est à Dakar tantôt Abidjan, ce scénario laisse la porte ouverte à un faisceau d’interprétations.

Nous sommes dans une transition, un régime d’exception avec ses implications et considérations sur plusieurs pans, on ne doit pas oublier cet aspect. Il faut toute une batterie de démarches, d’options pour se positionner comme l’a dit l’ancien Président ivoirien Gbagbo Laurent : <<…, on ne s’assied pas dans ce fauteuil par hasard…>>. 

 

Le Sénégal doit aussi déterminer les offres commerciales pour le marché turc, des produits finis et /ou des services.”

 

3)– [SÉNÉGAL] – Ousmane Sonko ne mobilise pas que des foules. Le Premier Ministre sénégalais est présentement en visite en Turquie. Et le Président turc Recep Tayyip Erdoğan lui a fait la promesse d’1 milliard d’échanges commerciaux” entre ces deux pays. N’est-ce pas une promesse qui fait bien chaud au cœur ?

Il est une évidence que le développement d’un pays passe par plusieurs aspects et nécessite l’établissement de partenariats commerciaux pour des échanges avantageux. Mais, ceci reste valable pour les pays africains en général et notamment le Sénégal en particulier de sortir de ce qu’on appelle l’économie de la promesse. C’est vrai, elle peut engendrer des attentes disproportionnées, entraînant des déceptions et des critiques lorsque les résultats ne seront pas au rendez-vous.

Il est important de questionner la validité de ces promesses et de les analyser avec un regard critique, en tenant compte des enjeux auxquels le Sénégal fait face.

La gouvernance du Président Diomaye Faye bénéficie d’un éventail d’atouts structurels, organisationnels hérités des gouvernances précédentes. Donc, il y’a lieu d’orienter l’effort vers un tissu industriel conséquent, une technologie de pointe, les infrastructures d’envergure, la pétrochimie, l’éducation dans les sciences. L’exemple du Singapour doit inspirer. Il ne faut pas inscrire ces échanges commerciaux dans un registre de receveur de produits turcs. Le Sénégal doit aussi déterminer les offres commerciales pour le marché turc, des produits finis et /ou des services.

Rédaction de Farafinainfo.com

 

Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat