Les erreurs du passé se répètent, alors même que chacun avait été averti qu’elles ne devaient plus être reproduites. Pour isoler l’opposition et affaiblir les acteurs perçus comme menaçants pour le pouvoir en place, on s’emploie à créer un vide artificiel dans les rangs. Certes, quelques démissions et défections sont enregistrées, mais leur portée reste très limitée. Symboliquement, cela peut sembler utile, mais dans le fond, rien ne change : un véritable coup d’épée dans l’eau.
Encore une fois, on ressort les vieilles recettes : ratisser le plus large possible, même si cela ne permet ni de constituer une majorité, ni de modifier le rapport des forces sur le terrain. Beaucoup d’appelés déçoivent les attentes placées en eux. Et, paradoxalement, au lieu d’affaiblir l’opposition ou de lui faire perdre des voix, c’est le pouvoir lui-même qui se fragilise, se délite et finit par s’effondrer, faute d’assise réelle et de soutiens véritables.
Face à cela, les forces pro-démocratie en général, et l’UFDG en particulier, restent ouvertes à toute alliance fondée sur les intérêts supérieurs de la nation. Nous ne sous-estimons personne dans le combat pour l’instauration de la démocratie et de l’État de droit. Mais il faut comprendre que chacun ne compte que tant qu’il défend une cause juste et noble. Les partis politiques et leurs leaders ne seront audibles et respectés que s’ils se rangent du côté du peuple et refusent les compromissions.
Si l’UFDG reste debout au milieu des tempêtes, si elle ne s’effondre pas malgré toutes les agressions et adversités, c’est parce que son leader, El Hadj Cellou Dalein Diallo, est resté droit dans ses bottes. Il ne cède à aucune manœuvre, ne ploie pas sous le poids des sacrifices inhérents à la lutte politique et à l’engagement militant. C’est cette constance qui permet à l’UFDG de survivre à tous les pouvoirs successifs, dont elle reste l’arme fatale.
Le président de l’UFDG a toujours prévenu : à l’approche de la victoire, les obstacles se multiplient, les défections se font plus nombreuses. À la veille d’une nouvelle aube pour la Guinée, à l’orée du triomphe des patriotes et des démocrates engagés dans la lutte, il est normal de constater quelques soubresauts. Mais ceux-ci ne doivent ni nous distraire de l’essentiel, ni nous détourner de l’objectif. Car on ne fait pas baisser la température en cassant le thermomètre, pas plus qu’on ne gagne une légitimité en cherchant à isoler les élus du peuple.
L’UFDG et les forces vives ont pour meilleur allié le peuple souverain de Guinée. Et c’est ce peuple qui aura, au-delà des petits arrangements et de tous les égoïsmes, le dernier mot.
Souleymane SOUZA KONATÉ
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