Des Premiers ministres ne font pas ça ! – par Souleymane S. Konaté

Depuis quelque temps, d’anciens Premiers ministres, toujours les mêmes, ont clairement choisi leur camp en exprimant leur soutien total au pouvoir en place. Ils appellent les Guinéens à accepter le fait accompli, à se résigner à la fatalité et à se soumettre à l’ordre établi.

Pourtant, certains de leurs pairs, également anciens Premiers ministres, tels que le président de l’UFDG, El Hadj Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFR, Sidya Touré, ou encore Kassory Fofana, sont victimes de graves injustices et d’une exclusion flagrante.

François Fall, qui faisait partie de leur comité, a d’ailleurs pris ses distances avec un processus qui a déçu tous les espoirs qu’il avait suscités et qui va à l’encontre des aspirations populaires et démocratiques.

Les Premiers ministres « appelistes » détournent délibérément le regard des cris du cœur de leurs anciens administrés et demeurent insensibles aux brimades subies par des acteurs majeurs de la vie nationale. Leur seule préoccupation semble être de plaire aux gouvernants et de tirer leurs marrons du feu.

À aucun moment, ni en aucune occasion, les autorités n’ont été interpellées sur leurs manquements et insuffisances pourtant avérés. Bien au contraire, des satisfécits leur sont complaisamment délivrés.

Parmi ces anciens qui refusent de profiter d’une retraite paisible et pourtant bien méritée, certains font ouvertement campagne pour la junte, tandis que d’autres prient pour son succès et sa pérennité.

Ces anciens Premiers ministres, qui font les yeux doux au pouvoir et espèrent, pour certains, un retour aux affaires, cherchent à se rendre utiles aux autorités et à les rassurer par de multiples opérations de charme et de séduction. Ils prétendent ainsi endormir les consciences et se donner le rôle de médiateurs et de pacificateurs autoproclamés.

Or, lorsqu’on a servi l’État à un niveau aussi élevé que celui de Premier ministre, on ne peut se permettre d’être du mauvais côté de l’histoire ni de défendre des causes douteuses.

Ahmed Tidiane Souaré, Kabinet Komara, Lamine Sidimé et Saïd Fofana, qui n’ont pas marqué les esprits par leur courage ni par un sens élevé de l’intérêt général, continuent aujourd’hui de s’illustrer par des prises de position incongrues et des attitudes courtisanes et clientélistes.

Que peuvent-ils encore espérer à ce stade ? Ce n’est pas ce que le pays attend d’anciens hauts dirigeants, ni le modèle d’engagement auquel aspirent les nouvelles générations.

À un moment donné de sa vie et de sa carrière, lorsqu’on n’est plus en mesure de promouvoir et de défendre la vérité et la justice, l’équité et la probité, le silence et la réserve que commande la dignité sont préférables.

Le temps des manipulations et des manœuvres dilatoires visant des intérêts personnels, au détriment du bon sens et de l’intérêt national, est révolu.

Autres temps, autres mœurs.

Souleymane SOUZA KONATÉ

Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat