Siguiri : Le Cri de la Terre, le Devoir des Fils pour un sursaut patriotique face au désastre minier

Nos ancêtres nous ont légué un éden de savanes et de rivières claires. Aujourd’hui, à Siguiri, la terre ne chante plus, elle gémit. Sous nos yeux, le paysage se transforme en un champ de cicatrices béantes, une terre lunaire où la vie s’éteint pour quelques grammes d’or.

​Nous ne pouvons plus nous taire. Être Guinéen, c’est aimer cette terre, pas seulement ce qu’elle contient dans son ventre.

​L’ironie du miroir : Pourquoi chez nous et pas chez eux ?

​Regardons la Chine. Aujourd’hui, elle investit des centaines de milliards de dollars pour restaurer ses écosystèmes, interdire l’exploitation sauvage et créer des « villes éponges ». Pourquoi les opérateurs qui viennent de ces pays acceptent-ils ici des pratiques qu’ils n’oseraient jamais infliger à leur propre sol ?

​La réponse est amère : parce que nous les laissons faire. La durabilité n’est pas un luxe d’Occidentaux ou d’Asiatiques ; c’est une nécessité de survie pour le peuple de Guinée.

​Nos Recommandations : Pour une Mine Responsable

​Pour que Siguiri et la Guinée ne deviennent pas des déserts toxiques, nous appelons à une refonte immédiate de notre approche :

1. La Restauration Obligatoire (Le principe « Mine-Forêt »)

  • ​Chaque permis d’exploitation, qu’il soit industriel ou semi-mécanisé, doit être conditionné par un dépôt de garantie environnementale bloqué en banque.
  • Action : Pour chaque hectare retourné, deux hectares doivent être reboisés. La réhabilitation ne doit pas attendre la fin de l’exploitation, elle doit être concomitante.

2. La fin du « Tout-Chimique »

  • ​Le mercure et le cyanure empoisonnent nos nappes phréatiques et nos enfants.
  • Action : Subventionner l’accès à des technologies de séparation gravitaire propres pour les artisans mineurs et interdire strictement l’usage de produits chimiques à proximité des cours d’eau.

3. Le Contrôle Citoyen et Communautaire

  • ​L’État ne peut pas être partout. Les populations locales doivent devenir les gardiennes de leur environnement.
  • Action : Créer des comités de surveillance villageois formés et assermentés, capables de signaler en temps réel les dérives environnementales aux autorités.

4. Une Fiscalité Verte pour les Générations Futures

  • ​L’or s’épuise, la terre reste.
  • Action : Réallouer une part directe des redevances minières de Siguiri non pas à la consommation, mais à un « Fonds de Souveraineté Écologique » destiné exclusivement à la dépollution et à l’agroécologie pour l’après-mine.

​Un appel au sang et à la conscience

​Frères et sœurs de Guinée, sans distinction de région, l’eau polluée de Siguiri finira par couler dans les verres de nos enfants à Conakry, à Labé ou à Nzérékoré. La nature n’a pas de frontières ethniques.

​Nous avons reçu un pays propre ; nous n’avons pas le droit de rendre une poubelle toxique. Le patriotisme, c’est de dire « NON » à l’argent qui détruit nos racines. Il est temps de proposer une politique minière qui nous ressemble : ambitieuse, protectrice et durable.

Parce que la Guinée est notre seule demeure. Sauvons-la maintenant.

Soninké Diané

Citoyen

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