#ActuCélébrerFarafinaMousso [SÉRIE11/31] – Depuis 2016, le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée (CJFLG) trace son chemin dans la lutte pour les droits des filles et des femmes. Fatoumata Timbonké Diallo, responsable communication et relations publiques de l’organisation, revient dans cet entretien sur les combats menés, les victoires engrangées, les défis encore à relever… et sur le rôle déterminant de cette génération de filles qui n’attend plus la permission pour changer les règles du jeu.
Entretien réalisé par Hadja Saran Camara, Journaliste Farafinainfo.com
1)- Pouvez-vous vous présenter aux lectrices et lecteurs de Farafinainfo.com qui ne vous connaissent pas encore ?
Je m’appelle Fatoumata Timbonké Diallo, actuelle responsable de la communication et des relations publiques du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée (CJFLG). Cette organisation, créée en février 2016 par de jeunes filles engagées, milite activement pour le respect des droits des filles en Guinée. Et elle vient de fêter ses dix (10) ans.
2)- Quelle analyse faites-vous de la situation des jeunes filles en Guinée ?
Je vais aborder plusieurs aspects. En matière de droits des filles et des femmes, des avancées notables ont été enregistrées. Les violences, autrefois passées sous silence, sont de plus en plus dénoncées. Mais soyons lucides : l’égalité des sexes est encore loin d’être une réalité.
Sur le plan de la participation sociale et économique, les jeunes filles ont un potentiel immense. Il suffit de leur ouvrir des portes, et elles feront des merveilles.
Côté santé sexuelle et reproductive, les défis restent considérables, surtout dans l’accès à l’information et aux services. Beaucoup de jeunes filles n’ont toujours pas les bonnes informations sur leurs premières règles, par exemple. Cela dit, le numérique et la technologie ouvrent de nouvelles perspectives, notamment pour les filles en zones reculées.
3)- Dix ans de lutte pour les droits humains : quelles sont vos plus belles victoires sur le terrain ?
Dix ans de combat sur un terrain souvent glissant, mais que nous avons arpenté avec détermination. Aujourd’hui, nous sommes plus d’une centaine de jeunes filles actives à travers le pays.
Nos victoires ? Ce sont ces femmes et filles qui osent venir vers nous, sans peur ni tabou. Ce sont les centaines de militantes formées, prêtes à intervenir dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Et c’est aussi le fait d’être la première organisation 100 % féminine en Guinée à agir spécifiquement sur les VBG.
4)- Que peut-on retenir de la gestion des trois Directrices Exécutives du CJFLG : Hadja Idrissa Bah, Kadiatou Konaté et Oumou Khairy Diallo ?
Une chose est certaine : chacune a marqué l’histoire du Club. Hadja Idrissa Bah, pionnière ; Kadiatou Konaté, consolidatrice ; et aujourd’hui Oumou Khairy Diallo, investie depuis le 22 janvier 2025, poursuit cette trajectoire. Elles ont fait preuve de leadership managérial solide, à toutes les étapes de notre évolution.
5)- Entendez-vous à Conakry le cri de cœur d’une jeune fille de Yomou ou de Siguiri ?
Absolument. Le CJFLG a une couverture nationale, avec des antennes dans toutes les régions, préfectures et sous-préfectures. Chaque voix, chaque détresse, chaque cri de cœur — qu’il vienne de Yomou ou de Siguiri — est entendu, relayé, et traité. C’est aussi cela, notre responsabilité.
6)- Quel est le message du CJFLG pour la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars prochain ?
Notre message est clair : le 8 mars ne doit pas être une simple célébration symbolique. C’est une occasion pour rappeler que les droits des filles ne sont pas négociables. Nous invitons toutes les jeunes filles à oser leur voix, prendre leur place, refuser les stéréotypes et devenir actrices du changement.
H.S.C
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