Tous les lundis dans sa rubrique [ACTU DE LA SEMAINE EN 3 QUESTIONS], la Rédaction de #Farafinainfo revient sur l’actualité africaine la plus brûlante de la semaine écoulée en interrogeant un intellectuel africain sur des questions de la bonne gouvernance et des réalités sociopolitiques et économiques en Afrique. Dr. Morya Mandiana Diakité décrypte cette actu brûlante et éclaire votre lanterne.
L’Universitaire, Dr. Mory Mandiana Diakité
“Aujourd’hui, malheureusement, après une longue période de ni démocratie et de ni dictature, on assiste à la dissolution de plusieurs partis politiques dans plusieurs pays, principalement, ceux ayant connu des coups d’État militaires.”
1-[TCHAD]– Huit présidents de partis d’opposition ont été arrêtés et envoyés en prison à Ndjamena. Selon nos confrères de RFI : “Les huit personnes interpellées samedi 2026, appartiennent au Groupe de concertation des acteurs politiques (Gcap), une coalition de formations politiques d’opposition et de représentant de la société civile. Le Gcap a été dissous la veille, vendredi 24 avril, par un Arrêté de la Cour Suprême. Les activités du collectif ont été déclarées illégales sur l’ensemble du territoire tchadien”. Dissolution des formations politiques, un phénomène en vogue en Afrique, n’est-ce pas ?
Effectivement il y a eu l’interpellation de plusieurs membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (Gcap) sans motif officiel pour le moment. Pour la petite histoire, c’est dans les années 1990 qu’on assista en grande pompe à l’avènement de la démocratie en Afrique subsaharienne. Le sacrifice consenti pour finalement parvenir à des élections plus ou moins libres et participatives était énorme. Aujourd’hui, malheureusement, après une longue période de ni démocratie et de ni dictature, on assiste à la dissolution de plusieurs partis politiques dans plusieurs pays, principalement, ceux ayant connu des coups d’État militaires. La plus grave erreur commise par les africains c’était de confondre la démocratie et le développement, qui sont deux choses pouvant être complémentaires mais pas interdépendantes. Autrement dit, on consacre plus de temps aux discours et débats politiques stériles qu’au développement. Les politiciens font exactement le contraire de ceux qu’ils promettent à leurs populations. Il y a également le comportement peu orthodoxe des puissances occidentales, qui pratiquent une politique de deux poids deux mesures. Un régime est dit “démocratique” quand le président de la République est obéissant et serviable vis-à-vis d’elles. C’est tout cela qui explique ce retour à une nouvelle forme de parti unique caractérisée par la suppression des partis politiques.
“L’attaque du 25 Avril contre le Mali était carrément une tentative de renversement du régime par des moyens militaires. Le coup d’État a simplement échoué. La guerre est couteuse en terme financier qu’humain”
2-[MALI-Burkina Faso]- “Mon Général (Sadio Camara), nous te faisons le serment de notre détermination à poursuivre le combat contre le terrorisme jusqu’à la victoire finale tant que Dieu nous accordera le souffle de la vie”, dixit le Général Célestin Simporé, Ministre de la Guerre du Burkina lors des obsèques du défunt Général Sadio Camara, qui a été élevé au grade de Général d’Armée à titre posthume. Sa mort n’est-elle pas une grande perte ?
La mort du Général Sadio Camara est plus qu’une perte pour le Mali, particulièrement pour le Président Assimi Goïta. Ce dernier risque de ne pas s’en remettra sitôt de cette disparition tragique d’un confident, un ancien compagnon de lutte, mais également un ami d’enfance. Le Général Sadio Camara était un cauchemar pour les groupes terroristes armés. C’est pourquoi il constituait une cible privilégiée pour ces derniers et leurs bailleurs tapis dans l’ombre en Occident et en Moyen-Orient. L’attaque du 25 Avril contre le Mali était carrément une tentative de renversement du régime par des moyens militaires. Le coup d’État a simplement échoué. La guerre est couteuse en terme financier qu’humain. C’est tout de même regrettable de voir les Africains s’entretuent dans une guerre qu’on leur a imposée. L’ignorance coute plus cher que l’instruction. Dit-on. Ces jeunes gens enrôlés de gré ou de force dans le terrorisme constituent des chairs à canon pour les forces occultes dont les intérêts sont menacés. L’usage du mot « jihad » par les médias occidentaux pour designer ces groupes terroristes est simplement machiavélique et cruel.
Sadio Camara est mort à cause de l’inefficacité des services de renseignement du Mali en particulier, et ceux de l’AES en général. Soit il n’y a pas de coordination entre ces différents services de renseignement soit ils sont inefficaces. Tout le monde se demande comment cela a été possible sans le moindre soupçon de la part des services de renseignements ? La plus grave menace pour Assimi et son régime, ce ne sont pas les groupes terroristes, mais la corruption.
“Joseph Kabila constitue-t-il l’unique soutien de la rébellion M23 ? Si non, pourquoi est-il le seul à être sanctionné ?”
3-[RD CONGO-USA]- “Les États-Unis ont sanctionné ce 30 avril l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, l’accusant de ‘’semer l’instabilité’’ dans son pays en soutenant le groupe armé M23, selon un communiqué de l’OFAC, agence du département du Trésor des États-Unis”, rapporte RFI. Qu’en pensez-vous ?
La sanction prise par les américains à l’encontre de l’ancien Président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, sous-entend que ce dernier est devenu un allié encombrant. Si les intérêts sont divergents cela peut expliquer cette prise de position de la part des Américains. Un accord secret avec le Président Félix Tshisekedi, le rapport entre Paul Kagmé et les USA sont entre autres facteurs à prendre en compte dans les analyses. Si Joseph Kabila a été utilisé pour atteindre des objectifs, et que ces objectifs soient atteints, cette sanction peut présager une future élimination politique de ce dernier. Cette sanction peut également être une poudre jetée aux yeux pour faire plaisir aux organisations qui défendent les droits humains, voire pour réparer son image. Joseph Kabila constitue-t-il l’unique soutien de la rébellion M23 ? Si non, pourquoi est-il le seul à être sanctionné ?
Rédaction de Farafinainfo.com
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat