#ActuGouvernancePolitiqueBFA – Multipliant les interventions médiatiques sur des sujets d’intérêt général, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, en a profité pour mettre les choses au clair. « Il n’y a ni numéro un, ni numéro deux, il n’y a pas deux capitaines dans le bateau », a-t-il clairement martelé.
Par Hadja Saran Camara, Journaliste Farafinainfo.com
« Il n’y a ni numéro un, ni numéro deux, il n’y a pas deux capitaines dans le bateau », insiste le chef du régime militaire. Sous les hourras, le capitaine de 38 ans Ibrahim Traoré réaffirme ainsi sa seule autorité sur l’appareil d’État. Une mise au point qui répond à de nombreuses publications sur les réseaux sociaux, ainsi qu’à des observateurs qui laissent entendre qu’il serait sous l’influence d’un numéro deux, selon rfi tout en poursuivant : « Depuis plusieurs semaines, la disparition de la scène publique de certains hauts responsables du régime, présentés comme les principaux lieutenants du capitaine Traoré, alimente les rumeurs de dissensions au sommet du pouvoir. L’homme souvent cité est le commandant Oumarou Yabré, patron des services de renseignements et président du Conseil national de sécurité de l’État. Mais le commandant Yabré n’a pas fait d’apparition publique depuis fin mai. Il est absent lors des montées des couleurs au palais présidentiel, où il participe habituellement, absent à la remise des galons de général à trois officiers supérieurs, absent aussi lors des prières importantes. »
« Tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite »
Autre absence qui interroge, celle d’un autre homme fort du régime, qui n’est pas réapparu publiquement depuis deux mois : le capitaine Kiswendsida Azaria Farouk Sorgho. Ancien porte-parole des militaires lors de la prise de pouvoir le 30 septembre 2022, cet officier de premier plan de la junte est considéré comme le numéro 3 du régime. Commandant du Bataillon d’intervention rapide numéro 4 (BIR 4), stationné à Ouagadougou, il est également le porte-parole du Korag, un organe créé par le capitaine Traoré chargé de définir et de contrôler la mise en œuvre de la « vision stratégique » du régime.
À ce poste, il est devenu une figure clé des efforts d’assainissement de l’administration publique, multipliant les révélations sur des malversations financières et annonçant des sanctions sévères. Depuis sa dernière réapparition, le commandement de son bataillon est assuré par son adjoint, selon des sources sécuritaires qui évoquent également son « enlèvement » par des proches du capitaine Traoré.
Son père, Adama Luc Sorgho, ancien ministre des Infrastructures et du Désenclavement (2022-2025), a également été « enlevé » par des hommes armés, quelques jours après son arrestation, indique son entourage. « Tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite… Et si quelqu’un merde, je vais te mater sans état d’âme. Il n’y a pas d’hommes forts avec moi », a menacé Ibrahim Traoré à Ouahigouya, d’après RFI.
H.S.C
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