« Chaque geste de solidarité peut transformer une vie. » Dans cet entretien exclusif, la fondatrice de la Fondation Bébé Basse Solidarité revient sur le déclic de son engagement social. Des salles de classe de Keur Massar au projet d’envergure de Baléve, Bébé Basse, l’épouse du très célèbre artiste musicien Pape Diouf, dévoile ses réalisations, ses combats contre la précarité et ses priorités pour la jeunesse sénégalaise [FARAFINA MOUSSO]
Par Mame Fatou Faty pour Farafinainfo.com
Origines et Vision de la Fondation
- Comment est né votre engagement social et qu’est-ce qui a déclenché la création de la Fondation Bébé Basse Solidarité ?
Mon engagement social est né au contact des réalités du terrain. En visitant plusieurs localités, notamment à Keur Massar, j’ai été profondément marquée par les conditions dans lesquelles de nombreux enfants étudiaient : des salles de classe dégradées, un manque d’infrastructures sanitaires, des difficultés d’accès à une éducation de qualité. J’ai compris qu’il ne suffisait pas de constater ces difficultés, il fallait agir. C’est ainsi qu’est née la Fondation Bébé Basse Solidarité, avec la volonté d’apporter des solutions concrètes et durables aux populations les plus vulnérables.
- Quelle est la mission fondamentale et l’ambition suprême qui animent cette organisation au quotidien ?
Notre mission est de promouvoir le développement humain à travers l’éducation, la santé, l’autonomisation des femmes et la solidarité envers les personnes les plus vulnérables. Notre ambition est de bâtir un Sénégal où chaque enfant, quel que soit son milieu social ou son lieu de naissance, bénéficie des mêmes chances de réussir. Nous souhaitons contribuer à un développement inclusif où personne n’est laissé de côté.
Réalisations et Défis du Terrain
- Quelles sont les réalisations majeures (comme à Plan Jaxaay) qui marquent le parcours de la fondation ?
Parmi les réalisations les plus importantes qui marquent le parcours de la Fondation Bébé Basse Solidarité figure la construction et l’équipement de salles de classe ainsi que de blocs sanitaires à l’école élémentaire Jaxaay
U21, permettant à de nombreux élèves d’étudier dans de meilleures conditions.
Nous avons également mené plusieurs actions de solidarité, notamment la distribution de fournitures scolaires et de tables-bancs, ainsi que l’accompagnement de familles en situation de précarité. Dans ce cadre, nous avons identifié 30 familles qui ne disposaient pas de toilettes et avons contribué à la construction de leurs sanitaires, avec l’appui de l’ONAS.
La Fondation intervient également auprès des enfants en situation de vulnérabilité. Nous avons ainsi organisé des distributions de dons dans des pouponnières, notamment à la Maison du Fils, située à Bambilor.
Aujourd’hui, nous préparons un projet d’envergure : la réhabilitation complète de l’école élémentaire de Baléve, dans la région de Ziguinchor. L’objectif est d’offrir aux enfants un environnement scolaire moderne, sécurisé et inclusif, tout en améliorant durablement leurs conditions d’apprentissage.
- À quels obstacles pratiques et financiers faites-vous face dans la gestion de vos projets de terrain ?
Le principal défi reste le financement. Les besoins sont immenses alors que les ressources sont souvent limitées. Il faut également faire face à des contraintes logistiques, notamment dans les zones éloignées. Malgré ces difficultés, nous poursuivons notre travail avec détermination grâce à la confiance de nos partenaires, de nos bénévoles et de toutes les personnes qui soutiennent notre vision.
Regard sur le Sénégal et la Jeunesse
- D’après vous, quelles sont les priorités sociales urgentes à adresser en ce moment au Sénégal ?
L’éducation de qualité, l’amélioration des infrastructures scolaires, l’accès aux soins, l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes sont, selon moi, des priorités absolues. Il est également essentiel de lutter contre les inégalités territoriales afin que les populations rurales bénéficient des mêmes opportunités que celles des grandes villes.
- Comment évaluez-vous l’implication de la jeunesse dans la dynamique de solidarité nationale ?
Je suis convaincue que la jeunesse sénégalaise possède un immense potentiel. Beaucoup de jeunes souhaitent s’engager et contribuer au développement de leur pays. Il faut leur offrir davantage d’opportunités, de formations et de confiance afin qu’ils deviennent de véritables acteurs du changement. La solidarité est une valeur qui se construit et se transmet.
Perspectives et Appel à l’Aide
- Quels sont les proximités et chantiers prévus par la fondation pour les mois à venir ?
Notre priorité est la mobilisation des ressources nécessaires pour la réhabilitation et l’équipement de l’école élémentaire de Baléve. Nous poursuivrons également nos actions dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accompagnement des femmes et de l’aide aux familles vulnérables. Nous souhaitons également développer de nouveaux partenariats avec des institutions, des entreprises et des organisations internationales afin d’élargir notre impact.
- De quelle manière les citoyens et partenaires peuvent-ils contribuer ou s’engager à vos côtés ?
Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Les citoyens peuvent s’engager comme bénévoles, soutenir nos campagnes de solidarité ou faire des dons selon leurs moyens. Les entreprises et les partenaires institutionnels peuvent nous accompagner par des financements, des équipements, des compétences ou des partenariats durables. Ensemble, nous pouvons accomplir beaucoup plus.
- Quel message clé souhaitez-vous transmettre à votre communauté et aux personnes qui vous soutiennent ?
Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui nous font confiance. Chaque geste de solidarité, aussi modeste soit il, peut transformer une vie. J’invite chacun à croire en la force de l’engagement collectif. Ensemble, nous pouvons construire un Sénégal plus juste, plus solidaire et offrir aux générations futures un avenir rempli d’espoir et d’opportunités.
Rubrique – [FARAFINA MOUSSO] réalisée par Mame Fatou Faty
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