Assemblée Nationale : Aïssata Tall Sall pilonne la méthode du PM Al Aminou Lo

#ActuGouvernanceParlementaireSNL’intervention de la députée Aïssata Tall Sall lors de la Déclaration de Politique Générale (DPG) a été l’un des moments forts de la session parlementaire. Face au Premier ministre Al Aminou Lo, l’ancienne ministre et figure de l’opposition n’a pas mâché ses mots, remettant frontalement en question la viabilité financière du « Projet » et l’identité politique du chef du gouvernement.

Le « Projet » face au mur des chiffres

Rappelant les promesses de campagne de l’élection présidentielle de mars 2024, la parlementaire a d’emblée pointé du doigt les contradictions économiques de l’exécutif. Selon elle, le gouvernement traîne les promesses financières initiales de « 7 milliards de dollars » comme un véritable « boulet au pied ».

Plus incisive encore, Aïssata Tall Sall a mis le Premier Ministre face aux projections d’avril 2025 concernant l’agenda national de transformation : « 6 400 milliards que vous n’arrivez pas à trouver, vous l’avez dit vous-même. 760 milliards seulement pour faire 2026. Où est-ce que vous en êtes ? », s’est-elle interrogée, fustigeant une impasse budgétaire pour l’année en cours.

« Vous partagez tout avec le PASTEF… sauf la méthode »

Au-delà de l’aspect purement comptable, c’est la posture politique d’Al Aminou Lo qui a été passée au crible. La députée a profité de la tribune pour souligner le désalignement stratégique entre le Premier ministre et le parti au pouvoir : « Vous dites que vous partagez tout avec le PASTEF et le projet, sauf la méthode. Or, la méthode, vous ne nous avez pas convaincus. »

Pour Aïssata Tall Sall, cette dissonance méthodologique fragilise la lisibilité de l’action publique. En refusant de valider la feuille de route du gouvernement, elle s’est posée en porte-parole d’une opposition sceptique face aux promesses de rupture du tandem présidentiel.

Une crise d’identité politique ?

L’estocade finale de la députée a pris une tournure plus personnelle et philosophique, s’adressant aux convictions changeantes au sein de l’hémicycle. « De tous ces amis que nous avons connus, lequel est devant nous aujourd’hui ? », a-t-elle lancé à deux reprises dans un silence de cathédrale, exigeant une clarification immédiate du chef du gouvernement.

« Quand vous me répondrez à cette question-là, je saurais vous croire et ne pas vous croire », a conclu la parlementaire avant de regagner son siège, laissant l’auditoire et le Premier ministre face à un défi autant politique qu’existentiel pour la suite du quinquennat.

El-M B. C

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