Marquée par l’exigence et la résilience, la trajectoire de Bigué Bob – de reporter à directrice de publication – force le respect. Elle se confie ici sur son évolution, le rôle des femmes dans la presse et l’impératif pour les jeunes Africaines de s’emparer des postes à responsabilité.
« Feu Jean Meissa Diop, qui était mon professeur, avait décelé chez moi des prédispositions pour ce type de journalisme. Il pensait que j’avais les qualités pour évoluer dans la presse écrite »
Bigué Bob, avant de parler de votre fonction actuelle, j’aimerais revenir sur votre parcours. Comment êtes-vous arrivée dans le journalisme ?
Le journalisme, c’était un choix. Depuis toute petite, je voulais être journaliste, mais journaliste de radio. Après un bac L2 au lycée John Fitzgerald Kennedy, je suis d’abord allée à l’université, au département de géographie, avant de rejoindre une école de journalisme. En première année, j’ai fait un stage à Seninfos, une radio. En deuxième année, j’ai découvert la presse écrite à l’occasion d’un stage. Feu Jean Meissa Diop, qui était mon professeur, avait décelé chez moi des prédispositions pour ce type de journalisme. Il pensait que j’avais les qualités pour évoluer dans la presse écrite.
J’ai donc commencé à Walf, puis je suis passée par L’Obs et Nettali, avant d’arriver à EnQuête, où je travaille depuis plus de dix ans. J’y ai évolué progressivement : reporter, cheffe du desk culture, coordonnatrice de la rédaction, rédactrice en chef, puis directrice de publication. J’ai choisi le journalisme très tôt, mais c’est finalement la presse écrite qui a choisi mon chemin. Et avec le recul, je pense que c’était une très belle rencontre.
» Au quotidien, il faut être attentive à tout : la ligne éditoriale, la qualité des informations, les choix de sujets, les titres, … »
Aujourd’hui, vous occupez un poste de grande responsabilité à la tête du journal EnQuête. Comment vivez-vous cette fonction au quotidien ?
C’est une fonction que je vis avec beaucoup de responsabilité, mais aussi avec beaucoup de plaisir. Parce qu’au-delà du titre de directrice de publication, je reste journaliste. C’est important pour moi. Au quotidien, il faut être attentive à tout : la ligne éditoriale, la qualité des informations, les choix de sujets, les titres, mais aussi les femmes et les hommes qui font le journal. Diriger une rédaction, ce n’est pas seulement décider de ce qui sera publié. C’est aussi accompagner une équipe, arbitrer, parfois trancher et créer les conditions pour que chacun puisse donner le meilleur de lui-même. La presse quotidienne demande aussi beaucoup de disponibilité. Une actualité peut basculer à n’importe quel moment, un sujet peut évoluer jusqu’au bouclage. Il faut donc décider vite, sans perdre de vue l’essentiel. Et je tiens à ne pas perdre le regard de la journaliste. Je garde cette curiosité, cette envie de comprendre, de questionner et parfois de dire : « Attendez, est-ce qu’on est vraiment sûrs de ça ? » Pour moi, ce réflexe doit rester au cœur du métier.
« Même dans les rédactions, je ne prenais pas forcément certaines remarques ou certaines situations pour du sexisme. »
Le monde des médias reste encore, dans une certaine mesure, un univers dominé par les hommes. En tant que femme, avez-vous rencontré des difficultés particulières au cours de votre carrière ?
À vrai dire, j’ai pris assez tardivement conscience de ma condition de femme dans le monde professionnel. Je n’ai pas grandi avec le sentiment d’être différente parce que j’étais une fille. J’ai fait une école de jeunes filles et, chez moi, nous sommes majoritairement des femmes. J’ai grandi avec des femmes qui travaillent, qui prennent des décisions, qui ont leur caractère. Pour moi, c’était simplement normal. Même dans les rédactions, je ne prenais pas forcément certaines remarques ou certaines situations pour du sexisme. Je pouvais les trouver désagréables ou injustes, mais je ne mettais pas nécessairement ce mot dessus. Je n’avais pas encore les outils pour les analyser ainsi. C’est plus tard, notamment grâce à des formations sur le genre et les violences basées sur le genre, que j’ai commencé à regarder certaines situations autrement. Je me suis parfois dit : « Ah oui, donc ça aussi, c’était une question de genre. » Je ne dirais donc pas que j’ai passé ma carrière à me battre parce que j’étais une femme. Ce n’est pas comme ça que je l’ai vécue. J’ai surtout avancé comme journaliste, avec mon caractère, mes compétences et mes défauts aussi. Mais cette prise de conscience a changé mon regard, notamment sur les jeunes femmes qui arrivent aujourd’hui dans le métier.
« Avec le temps, j’ai compris qu’on peut s’imposer sans forcément élever la voix. Il faut surtout savoir ce qu’on vaut et assumer sa place. »
Avez-vous parfois eu le sentiment de devoir davantage faire vos preuves pour vous imposer et asseoir votre crédibilité ?
Je ne peux pas dire que j’ai constamment eu le sentiment de devoir faire plus parce que j’étais une femme. Au début, j’étais surtout concentrée sur mon travail, sur ce que j’avais à apprendre et sur l’envie de progresser. Mais il y a certainement eu des moments où j’ai dû davantage affirmer ma place. Ce n’était pas toujours explicite. Et puis, j’ai toujours eu du caractère. Je suis assez directe, assez exigeante et, lorsque je pense avoir raison, je défends ma position. Cela a pu créer des frictions, mais cela fait aussi partie de ma personnalité. À chaque étape de ma carrière, j’ai dû gagner la confiance des autres. Passer de reporter à cheffe de desk, puis à coordonnatrice, rédactrice en chef et directrice de publication, c’est aussi démontrer, à chaque fois, qu’on est capable d’assumer la responsabilité qui vous est confiée. Aujourd’hui, je pense que ma crédibilité repose surtout sur mon travail, mes décisions et la manière dont je les assume. Avec le temps, j’ai compris qu’on peut s’imposer sans forcément élever la voix. Il faut surtout savoir ce qu’on vaut et assumer sa place.
« Les femmes sont nombreuses à entrer dans le métier, mais elles sont encore moins nombreuses lorsqu’il s’agit de diriger, de décider et de participer aux choix qui engagent les médias »
Avec votre expérience, quel regard portez-vous sur la place des femmes dans les médias au Sénégal aujourd’hui ?
Je pense qu’on a vraiment assisté à une féminisation de la presse au Sénégal. Quand j’ai commencé, il y avait beaucoup moins de femmes, particulièrement dans les rédactions de presse écrite. Aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé. Il y a beaucoup de jeunes femmes dans le métier. Elles sont formées, elles travaillent sur le terrain, elles prennent la parole et sont de plus en plus présentes dans les rédactions. C’est une évolution que je trouve très positive. Là où le chemin reste encore long, c’est au niveau des postes de responsabilité. Les femmes sont nombreuses à entrer dans le métier, mais elles sont encore moins nombreuses lorsqu’il s’agit de diriger, de décider et de participer aux choix qui engagent les médias.
« Quand je regarde mon propre parcours, je mesure la chance que j’ai eue d’évoluer progressivement, de reporter à directrice de publication »
Selon vous, les femmes journalistes ont-elles suffisamment accès aux postes de responsabilité et de décision dans les rédactions ?
Non, je ne pense pas. Il y a encore un décalage entre la présence des femmes dans les rédactions et leur présence dans les postes de responsabilité. Avoir beaucoup de femmes dans une rédaction ne signifie pas forcément qu’elle est égalitaire. Il faut aussi regarder qui dirige, qui décide, qui fixe la ligne éditoriale et qui participe aux choix stratégiques. Je ne veux pas non plus donner l’impression que les femmes doivent simplement attendre qu’on leur donne des postes. Elles doivent aussi se préparer, oser les responsabilités et les revendiquer. Mais il faut que les organisations leur permettent réellement d’y accéder.
Quand je regarde mon propre parcours, je mesure la chance que j’ai eue d’évoluer progressivement, de reporter à directrice de publication. J’aimerais que cette possibilité soit beaucoup plus courante pour les femmes dans les médias. La prochaine étape, pour moi, ce n’est donc plus seulement de faire entrer davantage de femmes dans les rédactions. C’est qu’elles puissent y évoluer et arriver là où se prennent les décisions.
« Je voulais être journaliste de radio et je me suis retrouvée dans la presse écrite »
Votre parcours est certainement une source d’inspiration pour beaucoup de jeunes femmes. Quel conseil donneriez-vous à une jeune fille qui rêve de faire carrière dans le journalisme ?
Je lui dirais d’abord de ne pas avoir peur de poser des questions, de se tromper ou d’essayer. Le journalisme est un métier formidable, mais exigeant. Il faut être curieuse, avoir envie de comprendre, lire, écouter, observer et aller sur le terrain. Quand j’ai commencé, je ne savais pas que j’irais jusqu’à diriger une rédaction. Je voulais être journaliste de radio et je me suis retrouvée dans la presse écrite. Il ne faut donc pas forcément avoir tout son parcours dessiné à l’avance. Je lui dirais surtout de travailler. Dans ce métier, le talent ne suffit pas. Il faut vérifier ses informations, accepter les critiques et continuer à apprendre.
Et en tant que femme, je lui dirais de ne pas s’excuser d’avoir de l’ambition. On peut avoir du caractère, être ambitieuse et rester humaine. Enfin, il faut connaître sa valeur et ne pas laisser les autres décider à votre place de ce que vous êtes capable de faire.
« On peut être compétente et pourtant hésiter à prendre une responsabilité ou à dire simplement : « Oui, je peux le faire. » Il faut apprendre à reconnaître sa valeur »
Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour une femme qui souhaite évoluer et réussir dans un environnement professionnel parfois très exigeant ?
Je ne pense pas qu’il existe des qualités exclusivement féminines pour réussir professionnellement. Mais dans un environnement parfois encore très masculin, certaines qualités peuvent aider. D’abord, le travail. Il faut connaître son métier et chercher à le faire le mieux possible. Ensuite, le caractère : savoir ce qu’on veut, dire non quand c’est nécessaire et ne pas se laisser déstabiliser au premier obstacle. La confiance en soi est également importante. On peut être compétente et pourtant hésiter à prendre une responsabilité ou à dire simplement : « Oui, je peux le faire. » Il faut apprendre à reconnaître sa valeur.
Je dirais aussi l’humilité. On ne connaît jamais tout. J’ai beaucoup appris de mes collègues et de mes chefs, mais aussi de jeunes journalistes arrivés après moi. Et puis, il faut savoir encaisser. Une carrière n’est pas une ligne droite. Il y aura des critiques, des déceptions, parfois des injustices. L’important est de ne pas perdre de vue pourquoi on a commencé. Enfin, ne pas se transformer pour être acceptée. On peut évoluer, corriger ses défauts, devenir meilleure, sans perdre sa personnalité.
« Je ne pense pas que les journalistes doivent devenir des militants. Mais nous devons faire notre travail correctement : raconter les faits, contextualiser, donner la parole et éviter de reproduire les préjugés que nous sommes justement censés interroger »
Pensez-vous que les médias ont également une responsabilité dans la manière dont les femmes sont représentées dans notre société ?
Oui, énormément. Les médias contribuent à la manière dont nous regardons la société. Ce qu’on montre, les personnes auxquelles on donne la parole et les mots que l’on choisit comptent. Pendant longtemps, les femmes ont souvent été représentées à travers certains rôles : la mère, l’épouse, la victime, ou parfois la femme « exceptionnelle » qui réussit dans un univers d’hommes. Pourtant, elles sont aussi professionnelles, entrepreneures, scientifiques, agricultrices, artistes, décideuses. Elles sont partout dans la société.
Nous devons aussi regarder nos propres pratiques de journalistes. Est-ce qu’on pense spontanément à une femme comme experte ? Est-ce qu’on lui donne suffisamment la parole ? Est-ce qu’on lui pose les mêmes questions qu’à un homme ? La question est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de violences faites aux femmes. La manière de raconter une histoire peut parfois finir par faire peser sur la victime une part de responsabilité : sa tenue, sa vie privée, ses relations… alors que l’essentiel devrait être de s’intéresser aux faits et à l’auteur des violences.
C’est aussi un domaine dans lequel j’ai beaucoup évolué. Les formations que j’ai suivies sur le genre m’ont amenée à regarder certaines pratiques journalistiques autrement. Je ne pense pas que les journalistes doivent devenir des militants. Mais nous devons faire notre travail correctement : raconter les faits, contextualiser, donner la parole et éviter de reproduire les préjugés que nous sommes justement censés interroger.
« Je ne veux pas être présente professionnellement partout et absente là où cela compte le plus »
En tant que femme et responsable d’un média, comment parvenez-vous à trouver un équilibre entre vos différentes responsabilités ?
Ce n’est pas toujours un équilibre parfait. Être directrice de publication d’un quotidien et être maman demandent beaucoup de temps et d’énergie. Il y a forcément des moments où l’une prend le dessus sur l’autre. La presse quotidienne ne s’arrête jamais vraiment : les réunions, les sujets qui tombent au dernier moment, le bouclage, les urgences… Et en même temps, il y a ma fille, sa vie, ses besoins, ses moments à elle. Je ne veux pas être présente professionnellement partout et absente là où cela compte le plus.
J’ai appris à m’organiser, à anticiper et surtout à accepter que je ne puisse pas tout contrôler. Je délègue aussi davantage aujourd’hui. Quand on a des responsabilités, il faut savoir faire confiance aux autres. Ma fille m’a également appris à relativiser. Il y a des journées où je peux être très préoccupée par un problème au journal et, en rentrant, elle me ramène très vite à l’essentiel. Elle ne se demande pas si ma Une est réussie. Elle veut simplement retrouver sa maman. Je ne pense donc pas qu’il existe une formule magique. Je fais des choix, parfois je culpabilise, parfois je me dis que je pourrais faire mieux. Mais j’avance. L’équilibre, pour moi, c’est de savoir, selon les moments, ce qui a le plus besoin de nous.
« On ne peut pas parler de l’avenir de la presse sans parler de son financement. Beaucoup d’entreprises de presse sont fragiles, … »
La presse traverse aujourd’hui de profondes mutations. Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels sont confrontés les médias au Sénégal et plus largement en Afrique ?
Il y en a plusieurs, mais pour moi, le premier est le modèle économique. On ne peut pas parler de l’avenir de la presse sans parler de son financement. Beaucoup d’entreprises de presse sont fragiles, et cette fragilité a des conséquences sur les rédactions, les conditions de travail des journalistes et, à terme, la qualité de l’information. Il y a ensuite la transformation numérique. Les habitudes du public ont changé et les médias doivent s’adapter. Mais cette transformation ne peut pas se faire au détriment de notre identité ni des fondamentaux du métier.
Un autre défi majeur est celui de la confiance. Aujourd’hui, chacun peut produire et diffuser du contenu. Les frontières entre information, opinion, commentaire et rumeur deviennent parfois difficiles à distinguer. C’est justement là que le journalisme professionnel doit montrer son utilité. Pour moi, les médias doivent donc trouver de nouveaux modèles économiques, investir dans la formation, accompagner la transformation numérique et, surtout, maintenir une exigence éditoriale forte. Sinon, nous risquons d’avoir des médias qui produisent beaucoup de contenus mais qui n’ont plus les moyens de faire correctement leur travail.
« Le journaliste de demain devra donc être plus polyvalent et plus à l’aise avec le numérique, tout en étant encore plus exigeant sur les fondamentaux du métier »
Avec la montée en puissance du numérique et des réseaux sociaux, comment imaginez-vous l’avenir du journalisme dans les prochaines années ?
Je pense que le journalisme va continuer à changer. Aujourd’hui, l’information circule en permanence. Le lecteur peut apprendre une nouvelle sur TikTok, WhatsApp ou Facebook avant même que nous ayons eu le temps de la traiter. Mais je ne pense pas que cela signifie la fin du journalisme. Au contraire. Plus l’information circule vite, plus notre valeur repose sur ce que nous savons faire : vérifier, recouper, expliquer et donner du sens.
Nous ne pouvons plus non plus produire le même contenu pour tous les supports. Il faut apprendre à raconter différemment selon les publics et les plateformes. Le journal, la vidéo, le podcast ou les réseaux sociaux ne demandent pas forcément la même manière de raconter une information. Et puis il y a l’intelligence artificielle. Je ne pense pas qu’il faille en avoir peur ni l’idéaliser. Elle va transformer certaines tâches dans les rédactions. Mais elle ne remplacera pas, à mes yeux, le journaliste qui va sur le terrain, rencontre une personne, observe une situation et pose la question à laquelle personne n’avait pensé.
Le journaliste de demain devra donc être plus polyvalent et plus à l’aise avec le numérique, tout en étant encore plus exigeant sur les fondamentaux du métier. Nous ne serons peut-être pas toujours les premiers à annoncer une information. Mais nous devons rester ceux auxquels on peut faire confiance pour dire ce qui est vrai, ce que cela signifie et pourquoi cela compte.
« Si mon parcours peut servir à quelque chose, j’aimerais que ce soit simplement cela : montrer qu’une jeune fille … »
Vous êtes aujourd’hui un exemple pour de nombreuses femmes. Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes Sénégalaises, Guinéennes et, plus largement, aux jeunes femmes africaines qui rêvent de prendre leur place dans les médias et dans les sphères de décision ?
Je leur dirais d’abord : osez. Osez entrer dans ces métiers, prendre la parole, avoir de l’ambition et vous imaginer à des postes de responsabilité. Je dis cela parce que moi-même, quand j’ai commencé le journalisme, je ne me suis jamais dit : « Un jour, je serai directrice de publication. » Je voulais simplement être journaliste. J’ai avancé étape par étape. Je leur dirais aussi de ne pas attendre qu’on leur dise qu’elles sont capables. Il faut apprendre à se faire confiance, se former, maîtriser son métier et rester curieuse. Le monde des médias change vite et il faut accepter d’évoluer avec lui.
Et surtout, ne vous excusez pas d’avoir de l’ambition. Vous pouvez diriger, décider, avoir du caractère et rester vous-même. Vous n’avez pas besoin de devenir quelqu’un d’autre pour être légitime. Si mon parcours peut servir à quelque chose, j’aimerais que ce soit simplement cela : montrer qu’une jeune fille peut commencer quelque part sans savoir exactement jusqu’où elle ira, et finir par se retrouver à une table où se prennent les décisions. Alors, osez avancer. Travaillez, formez-vous, faites-vous confiance et ne laissez personne décider à votre place de vos limites.
Rubrique [Farafina Mousso] réalisée par Mame Fatou Faty
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat