DAKAR, Sénégal [#ActuGouvernanceParlementaireSN] – À l’issue de deux journées de travaux intenses au sein de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, le Groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes a clarifié sa position sur le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Tout en reconnaissant la nécessité de réviser le budget face aux contraintes économiques actuelles, le groupe a décidé de ne pas adopter le texte en l’état, exigeant des arbitrages plus justes et une transparence totale.
Par Hadja Fanta Touré, Journaliste Farafinainfo.com
L’Assemblée nationale n’est pas une chambre d’enregistrement. C’est le message fort porté par le Groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes, qui regrette le manque de considération institutionnelle accordé aux demandes de la Commission par l’exécutif. Pour les députés de la majorité, le redressement des finances publiques ne doit s’opérer ni au détriment du pouvoir d’achat des Sénégalais, ni au prix du sacrifice des investissements structurants du pays.
Afin de parvenir à un accord avant la séance plénière, le Groupe parlementaire se dit ouvert au dialogue avec le gouvernement, mais articule sa démarche autour de 5 exigences majeures :
- Préserver le social et l’investissement public : Réexaminer immédiatement les coupes budgétaires touchant des secteurs vitaux tels que la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique et les infrastructures de l’Agenda national de Transformation. Les ajustements doivent cibler uniquement les dépenses non essentielles.
- Protéger le pouvoir d’achat et le coût de l’énergie : Bloquer toute hausse des prix de l’électricité et du carburant pour les ménages et les entreprises. Toute baisse des subventions doit être compensée par une réduction des taxes sur les produits pétroliers et une baisse des coûts de production.
- Faire la lumière sur les 120 milliards FCFA du CERP : Exiger la transmission complète des accords signés avec la Banque mondiale concernant le Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP), avec une justification claire de l’affectation de ces ressources.
- Réduire le train de vie de l’État : Accélérer la rationalisation du secteur parapublic (incluant la suppression de 19 entités pour une économie minimale de 55 milliards FCFA sur trois ans) et encadrer plus strictement le contrôle des fonds spéciaux.
- Garantir la sincérité budgétaire et la transparence de la dette : Obtenir les rapports d’audit de l’IGF et de Forvis Mazars sur la dette, tout en exigeant des garanties chiffrées sur la trajectoire de soutenabilité des finances publiques pour 2026 et 2027.
Pour le Groupe parlementaire, l’objectif reste inchangé : bâtir un budget transparent, sincère et soutenable, capable de protéger les Sénégalais aujourd’hui sans compromettre l’avenir du Sénégal de demain.
H.F.T