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Daouda Mounian, Sociologue : «Le Président Sankara disait : tout ce qui est imaginable par l’homme est … »

Ce jeudi 9 juin 2022, la Rédaction de Farafinainfo.com a fait réagir l’un de ses chroniqueurs, Daouada Mounian, Sociologue, communicateur pour le développement & manager des organisations de son état aux faits marquants de l’actualité de la semaine écoulée en République de Guinée et dans la sous-région – Actu de la Semaine en 3 Questions – Entretien

Diébédo Francis Kéré, est lauréat du prix «Pritzker 2022» considéré comme le Prix Nobel de l’Architecture. Il a reçu, ce jeudi 2 juin 2022, et fait Commandeur de l’Ordre de l’Etalon, par le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo DAMIBA, Président de la Transition du Faso, au cours d’une cérémonie solennelle au  Palais Présidentiel. Un Burkinabè primé, n’est-ce pas la reconnaissance d’un talent africain ?

Diébédo Francis Kéré est un Burkinabè et un africain, aussi un citoyen du monde. Pour moi plus que la nationalité, c’est un homme battant qui sait ce qu’il veut et s’est donné les moyens d’arriver là où il est aujourd’hui. Son succès aujourd’hui traduit ce que le Président Sankara disait : « tout ce qui est imaginable par l’homme est réalisable par l’homme ». Aujourd’hui plus que le succès, c’est ce qu’incarne Monsieur Diébédo Francis Kéré qui est important pour le Burkina Faso et pour le Continent. Le travail (bara en dioula ~ touma en mooré), l’intégrité (Burkindi) l’ouverture d’esprit (le panafricanisme qui est un humanisme) sont les trois choses que doivent chaque jeune fille, chaque jeune garçon afin de construire une Afrique prospère et ouverte au monde.

Macky Sall, Président de la République du Sénégal, de surcroît Président en exercice de l’UA (Union Africaine), s’est rendu, ce jeudi 3 juin 2022, à Sotchi, en Russie et a été reçu par Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie. Ces deux hommes d’Etat ont évoqué un renforcement de la coopération économique, sur fond de craintes d’une crise alimentaire mondiale. Mieux, le Président sénégalais a invité son homologue russe à «prendre conscience» que les pays africains «même s’ils sont éloignés du théâtre des hostilités, étaient des victimes de la guerre russo-ukrainienne sur le plan économique. Quelle lecture faites-vous cette nouvelle forme de la diplomatie africaine ? 

Je suis très triste de voir nos représentants du continent aller parler de l’alimentation. C’est très triste. Cette guerre en Ukraine devrait plutôt être une opportunité pour le continent d’assurer, et sa sécurité alimentaire et sa sécurité militaire. L’Afrique est le continent qui dispose de plus de terre arable sur la planète terre. Ceux qui ont pris l’engagement d’être nos dirigeants, ils doivent être en mesure de nous assurer cette sécurité alimentaire et non aller se lamenter. Selon le Président de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina, l’agriculture est le plus grand business d’Afrique et la banque de renchérir en disant que D’ici à 2030, l’agriculture et l’agroalimentaire représenteront 1 000 milliards de dollars en Afrique. Ce qui signifie que, bien géré, le secteur devrait donner les moyens au continent de diversifier ses économies, de créer de l’emploi et de transformer le milieu rural en pôles de prospérité. Donc pourquoi aller en Russie pour s’humilier. Nos responsables doivent être en mesure de lire les opportunités dans les difficultés et commencer à comprendre que notre salut réside dans l’agriculture et ses chaînes de valeurs. Quoiqu’il arrive, les terres arables du continent seront exploitées. Ou nous serons ceux qui exploiteront ces terres ou bien nous serions les ouvriers (esclaves modernes) des puissances occidentales ou orientales. La chine possède déjà des milliers d’hectares en Afrique et le groupe Bolloré.

Le 6ème Sommet Extraordinaire de la Conférence des Chefs de l’Etat et du Gouvernement de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) sur la situation au Mali, en Guinée et au Burkina Faso, s’est ouvert, ce samedi ‘ juin 2022, à Accra, au Ghana. Et les Présidents de cette organisation sous régionale, qui se sont réunis dans la capitale ghanéenne, n’ont pris aucune sanction contre ces pays dirigés par des Colonels putschistes et attendent un autre sommet prévu le 3 juillet 2022. N’est-ce un ouf de soulagement pour les populations de ces trois pays ?

Comme, je l’ai toujours dit, notre organisation sous RÉGIONALE est une organisation qui est en déphasage avec les réalités de l’Afrique occidentale. Elle donne l’impression d’être aux ordres. Pour preuve, le Président Français a dit qu’il va appeler le président de la CEDEAO pour lui demander de prendre des mesures contre le Mali. Donc vous comprendrez avec moi, qu’elle est aux ordres. Elle a été d’un extrémisme futile sur le dossier malien. Pour moi, ils sont face à trois pouvoirs différents et face aussi à une opinion publique ouest africaine hostile. Il lui faut plus d’éléments pour apprécier chaque cas avant de décider. Je crois que c’est plus sage de reporter que de prendre une décision qui peut les discréditer davantage. Aucun ouf de soulagement pour le Mali. Les sanctions sont maintenues. Le Burkina Faso traverse la grave crise de son histoire et la gouvernance actuelle ne donne aucune garantie de sortie de crise. Les sanctions finiront de l’achever en tant qu’Etat. Il faut que la CEDEAO engage un dialogue constructif et salutaire avec chaque pays afin d’aboutir à des solutions efficaces qui vont consolider l’ordre constitutionnel.

Rédaction de Farafinainfo.com