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EN 2010, LA LÉGITIMITÉ INTERNE A GAGNÉ SUR l’ESPRIT DE SUFFISANCE (Par Mohamed Cissé)

L’histoire du second tour des élections présidentielles continue de hanter bon nombre de Guinéens qui, à force de regarder derrière et accumuler des jugements sur l’autre, finiront par tordre le coup au réalisme. Des articles de culte de personnalité fleurissent dans la presse digitale guinéenne mettant l’accent sur l’éducation et la religion conférées à des leaders qui ne mentiraient jamais, qui ne trahisseraient jamais qui seraient saints comme des prophètes. Quel Homme politique !

Sur la scène politique guinéenne, il n’y a ni plus éduqué ni plus saint, il y a tout simplement des politiques qui savent réunir pour un objectif de conquête de pouvoir et ceux qui pensent qu’à eux seuls, le jeu est fait. Tout agent rationnel, fût-il politique peut faire face à l’asymétrie d’information où le problème d’anti sélection et de risque moral peuvent se poser pour tous les candidats. En la matière, est-il condamnable de préférer le trompeur connu à celui qui dissimile tout en agissant comme le trompeur ?

Qu’on épargne Lansana Kouyaté dans des vains efforts de publicités politiques sur fonds culturel et religieux car les actions entreprises par ses soins ne constituaient qu’un complément à la décision légitime de ses militants quant au choix à faire entre deux admis au second tour. Il a voulu réduire l’asymétrie d’informations afin de mieux sécuriser l’orientation de ses militants. Dans pareille circonstance, l’on décide en fonction des éléments disponibles et il fallait plus consistant à Lansana Kouyaté pour un retour aux militants qu’une simple expression du genre « je ne suis pas venu chercher des voix ».

On a tendance à présenter des acteurs comme véridiques, sincères et honnêtes dans les rapports comme leur éducation l’aurait recommandé. C’est bien qu’ils soient religieux mais sur le terrain politique, les saints, les religieux et autres désintéressés du pouvoir public peuvent bien nous excuser et aller dans les mosquées et les églises.

Nous avons plutôt besoin des Hommes d’Etat lucides et francs dans la collaboration.

Le rappel sélectif des « Oui » et « Non » sincères n’impressionne guère car l’histoire est têtue :

– Le tirage du tapis sous les pieds des leaders avant les législatives de 2013 – Un « Non » qui s’est transformé en « Oui » sans consultation des pairs ;

– La décision commune de ne pas siéger à l’assemblée nationale en 2013 – Un « Non » qui s’est transformé en « Oui » ;

– La déclaration commune déclarant le Président Alpha illégitime avant que les 500 millions par mois ne tombent – Un « Non » qui s’est transformé en « Oui » ;

– La décision commune en 2018 de ne pas accepter les délégués de l’UFR dans le quota de l’opposition dans les démembrements de la CENI, suivie de la plainte de l’UFDG contre l’UFR et au même moment l’union UFDG-UFR contre le PEDN à FRIA – Un « Non » qui s’est magiquement transformé en « Oui » ;

– La décision de ne pas prendre part aux élections présidentielles de 2020 avant l’exclusion de certains leaders du FNDC – Un « Non » qui s’est transformé en « Oui » ; j’en citerais à satiété…

Pour tout ce qui précède, un congé a-t-il été pris des valeurs culturelles et religieuses ? Toutes choses qui semblent condamner le mensonge et la trahison.

Pour une fois, laissons les familles en Paix, laissons la religion en Paix, laissons les valeurs largement partagées par l’ensemble des communautés guinéennes, laissons les personnes qui finissent pas disparaître.

Parlons idée, parlons programme, parlons des faits.

Que le culte de la personnalité exacerbé cesse enfin !

Mohamed CISSE 1er Responsable de la Communication du PEDN & Le Porte-Parole