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Reporter, témoin des faits

GUINÉE-BISSAU : Umaro Sissoco Embalo’ sur les traces de son mentor Macky Sall ?

Tout porte à croire dorénavant qu’une nouvelle crise est en gestation en Guinée-Bissau. Ce pays tropical réputé pour son instabilité politique et sécuritaire permanente risque de s’enliser, si une action politique vigoureuse n’est pas entreprise par les acteurs sociopolitiques bissau-guinéens et la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

En effet, le désir ou la volonté du Président Umaro Sissoco Embalo de s’accrocher mordicus au pouvoir ne fait l’ombre d’aucun doute maintenant. Lui qui a voulu se faire passer pour le plus grand démocrate que le ciel n’ait encore envoyé au berceau de l’humanité qu’est l’Afrique, ne veut plus quitter Presidential Palace par peur de perdre les avantages qui sont attachés à sa fonction. Oui, lui qui était vent debout contre le troisième mandat et la confiscation du pouvoir, ne veut plus lâcher les délices du pouvoir. En fin de mandat, ce « donneur de leçon » vient de rallonger son deuxième mandant de neuf (9) mois, alors que son pouvoir arrive à échéance, le jeudi 27 février 2025.

La parole mange l’homme, nous enseigne une vieille sagesse maninka. Qui aurait cru un jour que M. Umaro Sissoco Embalo aurait eu une telle attitude vis-à-vis du pouvoir ? Plutôt que de laisser la place à un autre président élu pour lui succéder à la tête de la Guinée-Bissau comme indiqué dans la Constitution de son pays et comme il l’a promis, lui-même, aux premières heures de son élection à la magistrature suprême de son pays, M. Emballo a annoncé, le dimanche 23 février 2025, que les élections présidentielles et législatives se tiendront le 30 novembre 2025. « Les élections (présidentielle et législatives) auront lieu le 30 novembre 2025. Je vais signer d’ailleurs un décret dans ce sens », avait-il déclaré à la presse. La Cour suprême de son pays est allé dans le même sens, tout en signalant que M. Emballo devrait poursuivre jusqu’au 4 septembre 2025.

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Pour l’opposition, le mandat de M. Emballo finit le 27 février 2025, pas un jour de plus. Le principal opposant, M. Pereira, a même demandé à la population une désobéissance civile et aux partenaires de Bissau de cesser de considérer celui-ci comme représentant légitime de l’État bissau-guinéen après cette date. Les incertitudes planent désormais au-dessus de la Guinée-Bissau. Une mission même de la CEDEAO a déjà posé ses valises à Bissau pour tenter de renouer le dialogue politique entre le pouvoir de Bissau et l’opposition. Une mission impossible ? La CEDEAO parviendra-t-elle à trouver un consensus entre les acteurs bissau-guinéens autour de cet imbroglio juridico-politique ? M. Emballo respectera-t-il son mot d’ordre de ne pas briguer un troisième mandat ?

Rien n’est moins sûr car, la mauvaise gestion des crises dans la sous-région par la CEDEAO l’a affaiblie à tel point qu’elle est presque devenue l’ombre d’elle-même aujourd’hui. Si elle jouait pleinement son rôle, beaucoup de crises seraient évitées. Mais très malheureusement, plutôt que d’avoir des positions de principe chaque fois qu’il y a crise dans un de ses pays membres, elle prend des positions en fonction des orientations occidentales. Elle dénonce parfois des violations des droits de l’homme, la confiscation du pouvoir dans certains pays, les cautionnent malheureusement sous d’autres cieux. En d’autres mots, ces deux poids, deux mesures de la CEDEAO dans la gestion des crises sous-régionales l’ont fragilisée et enfoncée dans un bourbier complexe dans lequel elle cherche à sortir actuellement. Néanmoins, espérons !

En un mot tout comme en mille, la situation est très compliquée pour M. Emballo. La Guinée Bissau, pays ayant une longue histoire d’instabilité, risque de rentrer, si rien n’est fait pas la communauté internationale, dans une nouvelle ère de crise. L’équation reste à plusieurs inconnues. Tout peut basculer, dans un sens ou dans un autre. En tout cas, les acteurs politiques de l’opposition ne veulent baisser l’échine et sont résolus à en découdre avec M. Emballo Sissoko.

Sayon MARA, Juriste

 

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