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Reporter, témoin des faits

Guinée : Le prix du pain prend l’ascenseur & le «lafidi» atterrit dans les assiettes !

Le prix de la baguette de pain est passé de 4.000 Francs Guinéens à 4.500 Francs Guinéens. Et Bernard Goumou, Ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, a tenté tant bien que mal de justifier cette augmentation du prix du pain. Malheureusement, les Guinéens doivent se serrer la ceinture nonobstant le départ du pouvoir du Pr. Alpha Condé. Parce que le dernier Premier Ministre de ce dernier avait ouvertement et vertement demandé à ses compatriotes guinéens de se serrer la ceinture.

Le prix de la baquette de pain n’a pas fini de grimper en République de Guinée. Nombreux sont les Guinéens qui n’ont pas vu d’un très bon œil cette énième augmentation du prix de la miche de pain. En témoigne le propos de Daniel Zoumanigui : «L’augmentation du prix de la miche de pain est une mauvaise nouvelle pour nous, les pères et mères de famille dont les enfants ne prennent que du café le matin avant d’aller à l’école. Je paie trois  (3) baquettes de pain pour ma petite famille de six (6) personnes. Avec l’augmentation de 4.5000 Francs Guinéens, je dois ajouter la somme de 1.500 Francs Guinéens pour pouvoir me procurer de mes trois pains tous les matins». Le sieur Zoumanigui, qui n’a pas d’alternative alimentaire, est obligé de subir cette augmentation du prix de pain et fera une dépense supplémentaire de 45.000 Francs Guinéens = (1.500 Francs Guinéens X 30 jours) juste pour le petit déjeuner de sa famille. Imaginons la dépense supplémentaire de ceux et celles qui ont des familles nombreuses pour cause de cette augmentation du prix de la baquette de pain.

«Lafidi» : un plat traditionnel et une alternative alimentaire !

Contrairement à Daniel Zoumanigui qui n’a pas d’alternative alimentaire, la dame Hadja Fanta Kourouma est revenue à ses premières amours, le «lafidi» traditionnel. «Je suis mère de famille qui ne vit que du petit commerce. Le pain est devenu un luxe pour nous autres, qui n’ont pas beaucoup de moyens financiers. Nous préparons et mangeons le lafidi tous les matins. Parce que les prix ne cessent de grimper dans ce pays, maintenant ce sont les autorités publiques qui justifient l’augmentation du prix de la baquette de pain. C’est vraiment triste», s’est-elle confiée en rappelant : «Tout récemment, les boulangers ont profité de la fermeture des frontières avec certains pays voisins pour augmenter le prix de la baguette de pain. Ces prix n’ont pas du tout baissé même après la réouverture de ces frontières et ne baisseront pas (nonobstant l’appel lancé par Cherif Abdallah, président du GOHA)». «.. Faisons des efforts en baissant les prix sur les marchés. Soutenons les militaires en baissant les prix sur les marchés … on va travailler eux et pour être avec eux… », avait-il demandé aux commerçants, qui sont restés sourds à cet appel.

Hadja Saran Camara