Farafinainfo.com
Reporter, témoin des faits

Guinée : Session inaugurale du Cadre de dialogue, le discours du PM ne rassure pas le MoDel

Conakry, le 16 avril 2022 –Mohamed Béavogui, Premier Ministre /Chef du Gouvernement de la Transition, qui a prononcé un discours durant de la session inaugurale du Cadre de concertation inclusif, a tenté tant bien que mal de rassurer tous ses compatriotes y compris  les politiques, surtout ceux et celles qui ont boudé cette concertation, sauf qu’il ne rassure personne, du moins le leader du MoDel. Décryptage décalée du (es) discours.

«Je commence par rendre Grâce à Dieu pour cette opportunité qu’il nous offre. Celle de nous retrouver ici en  ce deuxième  vendredi du mois de Ramadan et également vendredi saint du Carême, pour parler de ce que nous avons de plus cher : l’unité de la Guinée», dit-il le Premier Ministre de la Guinée, République laïque dans une gymnastique linguistique et faisant ainsi un clin d’œil aux musulmans et chrétiens guinéens. Et Mohamed Béavogui de rappeler, si besoin en était : «Cette journée, comme vous le savez, coïncide avec les Assises Nationales initiées par le Président, Président du CNRD, Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées, le Colonel Mamadi Doumbouya afin de nous inviter, nous Guinéens, à nous parler et à construire ensemble la Guinée de demain. Je me réjouis que le lancement de ce cadre de concertation, ai lieu pendant que les Guinéens ont accepté de s’écouter et de se parler». Quelle belle marque de fabrique du CNRD (Comité National du Rassemblement pour le Développement) : d’ouvrir plusieurs fronts au même moment ! Pendant que certains Guinéens se parlent pour panser les plaies béantes de la gouvernance politique, d’autres Guinéens, qui en ont certainement beaucoup à dire de leur gouvernance, sont en détention à la Maison Centrale de Conakry. Heureusement d’ailleurs que «Les Assises nationales vont se dérouler à Conakry, sur toute l’étendue du territoire national et dans les représentations diplomatiques».

 Les politiques, d’autres Guinéens à rassurer

«Il est important de rappeler ici que le CNRD et le Gouvernement que je dirige ne sont pas candidats aux futures élections et n’ont pas de candidats. Notre seule mission est d’offrir une Guinée apaisée et refondée aux prochains dirigeants. Le Président de la Transition l’a rappelé le 22 mars dernier lors du lancement des Assises Nationales», s’adresse-t-il aux politiques, qui n’ont pas assisté à cette session inaugurale en voulant rassurer ces derniers, sauf que parmi les femmes et hommes politiques, il y a un décortiqueur de messages en la personne d’Aliou Bah, président du MoDel (Mouvement Démocratique Libéral), qui n’a pas manqué de s’adonner à son exercice favori. «Mohamed Béavogui, Premier Ministre du Gouvernement de Transition, déclare ceci : Je tiens à vous rassurer que le CNRD et le Gouvernement ne sont pas candidats aux élections et n’ont pas de candidats», relève-t-il ce pan du discours de Béavogui, qui se veut rassurant, suscite des réactions. Comme celle d’Aliou Bah qui égrène un chapelet d’inquiétudes, le Ramadan oblige : «Ce propos est répété régulièrement par les dirigeants de la transition comme s’il représente à lui seul une garantie suffisante de leur neutralité par rapport aux enjeux électoraux en perspective.  En fait, cette déclaration ne pouvait être rassurante que si la liste des membres du CNRD était déjà connue. Quand même il faut bien connaître des noms et voir des visages pour savoir de qui parle-t-on. Alors le refus systématique de publier la liste de ceux qui prennent les décisions au nom du peuple sans en disposer d’un quelconque mandat, est un signe qui ne trompe pas. Cette ambiguë crée plutôt une suspicion logique que le manque de transparence pourrait être un indice que le CNRD cacherait son candidat. Éventuellement pour mieux le préparer, il aurait besoin de gagner du temps pour neutraliser les obstacles politiques au projet. Cela semble être encore plus plausible à travers l’allergie que le sujet des élections et la durée de la transition, suscite auprès des hauts responsables de la transition. Quoi qu’il en soit, ni les discours populistes ni les manœuvres dilatoires ne vont nous distraire sur l’essentiel».

El Madios Ben Cherif