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Opinion : Mariage difficile entre Société civile et Partis politiques au Cours des Transitions en Guinée

Encore une fois, les tractations sont encours pour la structuration et l’organisation des forces vives de la Nation face à une transition militaire qui balance entre espoir et réalité du pouvoir politique dans un pays où tous les secteurs vitaux sont déliquescents.

Les initiatives de certains acteurs de la société civile guinéenne visant à réunir dans une plateforme commune toutes les forces vives y compris les acteurs politiques sont salutaires au point de vue normatif.

Cette dynamique dans l’entendement des initiateurs issus de la société civile guinéenne devrait mécaniquement permettre de sceller et de renforcer les fondements d’une solidarité agissante entre tous les acteurs sociopolitiques face au CNRD et à la transition en cours.

Sauf que l’histoire récente des précédentes transitions que le pays a connu affiche plutôt des expériences regrettables qui mettent en exergue des situations rocambolesques où les acteurs de la société civile ont été purement et simplement roulés dans la farine par des politiciens guinéens verreux au grand dame du peuple qui en est sorti toujours perdant de toutes ces transitions.

Ainsi, pour la cohorte d’experts à la quelle nous appartenons , il y’a bien des réserves sérieuses que la société civile guinéenne doit mettre en exergue avant de s’engager dans toute plateforme avec les partis politiques quand le peuple est face à un rendez vous historique comme cette autre transition de tous les espoirs et de tous les compromis.

La question stratégiques qu’il faille se poser et répondre avant que la société civile ne s’engage dans une telle plateforme commune avec les politiciens guinéens, c’est de savoir:

« EST CE QUE LA SOCIÉTÉ CIVILE GUINÉENNE PEUT CETTE FOIS S’ASSOCIER EFFICACEMENT AUX ACTEURS POLITIQUES AU SEIN « DES FORCES VIVES » SANS RAMENER TOUTE LA QUINTESSENCE DES DÉBATS ET DU COMBAT VERS LES QUESTIONS D’INTÉRÊTS STRICTEMENT POLITIQUES PARFOIS DÉCONNECTÉS DES BESOINS ET DE LA DEMANDE SOCIALE DU PEUPLE DE GUINÉE « ?

En réalité , la société civile doit absolument garder sa neutralité entre le CNRD et LES ACTEURS POLITIQUES pour défendre sans répit les intérêts du peuple qui ne se résument pas simplement à des questions électorales et de durée de la transition.

D’ailleurs , l’expérience prouve que le mariage entre les politiques et la société civile n’a jamais été sincère car dès que les acteurs politiques atteignent leur objectif, les acteurs sociaux sont jetés à la poubelle.

Ne fut il pas le cas en 1984, en 2007, en 2010 et pourquoi pas en 2022 et suite?

Il n’est certes pas interdit que la société civile aborde les mêmes sujets que les politiques mais toute fois les angles d’analyse ne peuvent pas être les mêmes.

Quand les politiques parlent de durée mécaniques d’une transition , les acteurs sociaux doivent discuter de durée élaborée en rapport direct avec les intérêts durables du peuple.
Aussi , l’agenda des termes de revendication des acteurs sociaux doit être ciblé, profond, diversifié et stratégique en rapport avec les intérêts de la nation et du peuple.

A ce titre, la société civile guinéenne doit porter des revendications thématiques diversifiées qu’elle doit imposer par des plaidoiries, des sensibilisations ou même des manifestations.

Il s’agit par exemple des questions liées aux:
1- Faible taux de mobilisation et d’absorption des fonds environ moins de 30% presque le plus faible d’Afrique de l’ouest.

2- Faible adéquation entre les besoins de développement et les métiers de la République.

3- Mauvaise gouvernance et communautarisme dans les partis politiques .

4- L’Inexistence et non fiabilité des plans de développement local dans les collectivités guinéennes.

5- L’inexistence et l’insuffisance des statistiques.

6- La gestion calamiteuse des ressources humaines dans l’administration publique.

7- Les enrichissements illicites et les réalisations inacceptables des commis de l’Etat.

8- Les favoritisme sur dans les nominations.

9- La violence faite aux femmes.

10- l’insécurité galopante etc.

L’on pourrait citer plus d’une centaine de thèmes qui devraient pouvoir dans les conditions guinéennes intéresser la société civile .

En dépit de tout ce qui précède , la société civile guinéenne devrait faire très attention en voulant faire cause commune avec les acteurs politiques guinéens face à cette transition.

Que ALLAH sauve la Guinée.

Aimé Stéphane MANSARE, Expert consultant en Sciences Sociales du Développement.