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[Photoreportages]Guinée : Boffa, ces enfants qui n’ont pas «le droit» d’aller à l’école !

Reportage de Farafinainfo.com – Keleyire, Tassilima, Dagnogoro et Tangourset sont des villages de la sous-préfecture de Tamita, relevant de la préfecture de Boffa. Ces localités de la République de Guinée n’ont aucune infrastructure de base, ni école, ni centre de santé. L’Etat y est totalement absent. La triste réalité des enfants qui n’ont pas le droit d’aller à l’école.

Aboubacar, Sékou, Aminata, Aïcha, Mohamed et Abdoulaye courent dans tous les sens du village et passent toute la journée à jouer comme la nuit. Ils sont petits et ne sont pas scolarisés. «Je ne suis jamais allé à l’école», renseigne Aboubacar. Pourtant, il a plus de sept (7) ans pour ne pas dire qu’ il a dix (10) ans. Et il n’est pas du tout le seul dans cette situation de non-scolarité des jeunes des garçons et filles. «Je n’étudie pas», laisse entendre Aminata, surtout pas, parce qu’elle est une jeune fille destinée au mariage, mais la raison. «Je reste au village veiller sur ses frères et sœurs quand nos parents partent au champ», révèle-t-elle. Elle joue manifestement bien son rôle de mère de substitution nonobstant son très jeune âge. Elles sont visiblement nombreuses à surveiller leurs frères et sœurs dans les villages – Keleyire, Tassilima, Dagnogoro et Tangourset – de la sous-préfecture de Tamita, relevant de la préfecture de Boffa

Ecole, un rêve (in)accessible en partage

Discutant avec les responsables d’une ONG opérant dans la zone, les jeunes filles et garçons ne cachent pas leur rêve d’aller un  jour à l’école et ne se font pas prier pour reprendre en chœur : «Nous voulons aller». Ils n’ont jamais mis leurs pieds dans une école depuis qu’ils sont nés, certes, mais ils entendent sans cesse parler de l’école, mais malheureusement pour ces nombreux enfants, les écoles sont très loin de ces différents villages Keleyire, Tassilima, Dagnogoro et Tangourset pour  dire qu’elle est située à quinze (15) voire vingt (20) kilomètres de distance. Autant  dire que ces différentes localités de la République de Guinée n’ont aucune infrastructure de base, ni école, ni centre de santé. L’Etat guinéen y est totalement absent, et depuis l’indépendance, comme si ces villages ne faisaient pas partie de ce pays. «J’aimerais bien que mes enfants aillent étudier à l’école qu’ils étudient et prennent le savoir pour pouvoir en servir, mais hélas ! Car, nous ne pouvons guère faire des kilomètres pour déposer et revenir prendre vos enfants tous les jours», se lamente un père de famille, qui voit son rêve s’envoler, sachant qu’il doit travailler au champ tous les jours pour subvenir aux besoins de sa famille. Quelle triste réalité de ces nombreux enfants, qui n’ont pas le droit d’aller à l’école !

Photoreportages

Reportage de notre correspondant à Boffa, Mohamed Lamine Camara