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Soninké Diané, Acteur du Développement : «Les États africains doivent trouver un mécanisme pour canaliser (…) un design institutionnel performant»

Ce lundi 20 juin 2022, la Rédaction de Farafinainfo.com a fait réagir l’un de ses chroniqueurs, Soninké Diané, Acteur du Développement de son état aux faits marquants de l’actualité de la semaine écoulée en République de Guinée et dans la sous-région – Actu de la Semaine en 3 Questions – Entretien

Que pensez –vous de la «marche citoyenne et pacifique» du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) programmée le jeudi 23 juin prochain dans le Grand Conakry ? 

Bâtir une véritable République appelle tant de sacrifices, de compromissions, de contradictions qui peuvent effrayer souvent, de dialogue et d’engagement. L’idéal dans une société, c’est vivre dans une harmonie, dans le respect des lois et des obligations citoyennes.

Les libertés fondamentales étant annoncées dans la Charte de la Transition, on ne peut alors interdire l’expression d’opinion venant d’un groupe ou du FNDC.

Mais, vu le contexte national, faudra-t-il autoriser une marche ? Avec ces ingrédients : prix du fuel, transport urbain et interurbain, le panier de la ménagère prend forcément un coup.

Au forceps, on obtient rien de garantie, aux autorités de créer un espace de dialogue, d’inclusivité pour éviter à notre pays une juxtaposition de crises. Déjà une transition est une crise en soi. Il faut anticiper la gestion des différentes crises, qui peuvent retarder ou remettre en cause la transition.

La seule alternative qui vaille, c’est la réussite de cette transition. Aucune autre option n’est possible. On ne précipite pas la gestion d’un Etat….c’est la vie des millions de compatriotes Nous devrons ensemble réussir cette transition dans la responsabilité collective assumée.

Une manifestation non autorisée a été réprimée, le vendredi 17 juin 2022 à Dakar et à Ziguinchor. Ousmane Sonko, président du Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le Travail, l’éthique et la Fraternité), qui a fait une déclaration la nuit pour ainsi  revenir ces évènements qui se sont déroulés «à Dakar, à Ziguinchor et épisodiquement dans d’autres endroits du Sénégal». Pire, il a fait un bilan de «3 morts dont 2 au Sud du Sénégal». Quelle lecture faites-vous des manifestations en Afrique ?  

Je m’incline devant la mémoire de ces trois personnes tuées lors des événements du 17  juin 2022 au Sénégal. Notre monde évolue, la demande sociale aussi de façon exponentielle, la forte démographie, donc les États africains doivent trouver un mécanisme pour canaliser ces différents faits sociaux au travers un design institutionnel performant.

On est très souvent envahi de recettes provenant de l’occident pour gouverner, je crois qu’il faut les prendre avec pincettes.

Au fait, nos autorités refusent de travailler réellement pour le peuple. Sinon pourquoi l’importation des produits de première nécessité est aussi dense dans nos pays ?

Alors que nous avons de l’espace favorable à l’agriculture, à l’élevage et autres…

Mahamadou Issoufou, le Médiateur désigné par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) au Burkina Faso, est allé, le samedi 18 juin 2022, prendre langue avec les protagonistes burkinabé et a salué «l’ouverture au dialogue du Président du Faso». N’est-ce pas la meilleure des manières pour conduire une transition consensuelle, apaisée et inclusive ? 

Non, on ne peut s’exprimer ainsi. L’absolu n’existe pas dans la sociologie politique d’un pays surtout en tant de crise. Mahamadou Issoufou, diffuse une bonne image de sa personnalité politique, vous savez, qu’il a réussi à résister au non-respect de ses deux mandats légaux mais l’élection d’après était considérée comme un arrangement est cela la démocratie ?

Ceci est un grand atout dans une démarche de médiation. Sinon, très objectivement, on peut réussir une transition sans médiation mais si les acteurs impliqués ne sont pas sincères envers la République, les crises naissent aisément.

Nos pays ont besoin de sérénité, de paix. Imaginez la situation que vit le Burkina, le Mali.

La menace djihadiste qui frappe ces deux pays est très inquiétante avec son corollaire de déplacements des populations, d’exécution de paisibles citoyens…. La population a besoin d’être servi d’autres choses.

Elle ne peut pas tenir entre deux fronts, celui des politiques et ces bandes armées.

Rédaction de Farafinainfo.com