Farafinainfo.com
Reporter, témoin des faits
grouspscolaire

Transition en Guinée : Charles Wright, un Procureur qui veille aux grains !

Actu judiciaire de Farafinainfo.com – Charles Wright, Procureur Général près de la Cour d’Appel de Conakry, qui a fait face, ce dimanche 5 juin 2022, à la presse nationale et internationale, a évoqué plusieurs sujets d’actualité nationale, entre autres, la mort du jeune Thierno Mamadou Diallo, le propos tenus par Bachir Diallo, Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, les responsables du FNDC, qui ne cessent de donner la réplique à la junte militaire au pouvoir en République de Guinée. Morceaux choisis !

Le Procureur Général a tenu de rappeler aux acteurs sociopolitiques du pays : «Aujourd’hui en République de Guinée la question de la transition est une question traversable, chaque acteur politique doit jouer sa partition. Et les questions politiques ne révèlent pas des questions judiciaires. Les questions sociales sont des questions qui doivent être discutées entre les questions sociales. Mais, lorsqu’un dossier est judiciaire tout ce que nous demandons à tous les acteurs quel que soit la considération et l’interprétation que vous donnez, ne troublez pas la paix et la quiétude autour d’une affaire judiciaire !». Une manière maligne de dire à ceux et celles qui s’agitent des dossiers qui sont loin de leur domaine de compétence de se taire et de se tenir tranquille. Pas si facile dans un pays où tout le monde est spécialiste de tout.

«Que la justice fasse son travail… »

Evoquant le triste assassinat du jeune Thierno Mamadou Diallo, âgé de 20 ans à Hamdallaye, pour ne pas dire son enterrement, Charles Wright révèle : «La famille nous a dit qu’elle n’est associée ni de près, ni de loin au communiqué passé par le FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution), mais aussi par d’autres groupes politiques qui visent à faire dérouler un programme funèbre. La famille dit et redit une seule chose, ce qu’elle souhaite aujourd’hui, c’est la justice fasse son travail et qu’il n’y ait aucun problème autour de ça». Et de s’adresser à ceux et celles qui veulent faire une récupération sociopolitique tout en apportant une précision de taille : «Les personnes qui sont en train de lancer des appels à des marches funèbres, je voudrais peut-être rappeler une seule chose, l’on ne peut pas en lieu et la place de la famille, procéder à une récupération politique et sociale autour d’une procédure judiciaire, qui est ouverte. Cette procédure n’a pas besoin de tumultes, elle n’a besoin que la sérénité. C’est la raison pour laquelle, si vous avez remarqué, j’ai dit qu’on soit Ministre de la Sécurité, Ministre de la Réconciliation ou quelque soir la position que représente chacun dans l’appareil de l’Etat, lorsqu’une procédure est judiciaire, il revient aux autorités judiciaires, seules de procéder à des communications parce qu’ayant des éléments précis du dossier. Ceux qui font appel à cette marche funèbre, personne n’interdit de venir présenter des condoléances. Nous sommes en Afrique, si vous avez une famille éplorée, c’est par devoir citoyen que vous allez compatir à la douleur et à la peine de cette famille. Cette famille dit qu’elle a besoin que la justice soit rendue, mais elle n’a pas besoin de marche funèbre. Je rappelle tout simplement à ceux qui ont fait des appels sans le consentement de la famille, l’intention projetée, c’est troubler l’ordre public, la tranquillité et la paix publique. J’ai donné des instructions fermes… ». Et comme pour dire que des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre ceux et elles qui vont troubler l’ordre public …

El Hadj Karamoko Touré