DOSSIER – Un mois, un métier : la couture & le stylisme – Zoom sur le Centre d’insertion filles et métiers de Coyah. Entre défis de la formation et récits de réussite, deux encadreurs et deux élèves brisent le silence et se confient sans filtre à Farafinainfo. Un Grand Angle enrichi par le témoignage exclusif de Bana Korel, l’icône inspirante du « Made in Mauritanie.
Par Camara Mamady, Journaliste Farafinainfo.com
Du diplôme d’économie aux ciseaux : Le choix gagnant de Mariam
-[3 QUESTIONS À MME WRIGHT] – D’un diplôme universitaire aux ateliers de couture, Mme Wright née Soumah Mariam Ibrahim incarne le pragmatisme et la réussite au féminin. Portrait d’une formatrice passionnée qui combat le chômage des jeunes filles en Guinée, un coup de ciseau après l’autre.
1)- Qui êtes-vous, en quelques mots, pour les internautes de Farafinainfo.com ?
Soumah Mariam Ibrahim : Je m’appelle Soumah Mariam Ibrahim. Je suis mariée, couturière styliste pour hommes et femmes, et j’exerce aujourd’hui comme formatrice au sein du Centre d’insertion filles et métiers.
Mon parcours combine harmonieusement les études académiques et la passion de l’artisanat. J’ai suivi un cursus scolaire classique jusqu’à l’université, où j’ai obtenu un diplôme en Économie et Finances. Face à la conjoncture économique difficile en Guinée, l’insertion professionnelle n’a pas été immédiate. Heureusement, dès le lycée, j’avais anticipé cette réalité en fréquentant un atelier de couture. Ce choix stratégique, guidé par le pragmatisme, me porte aujourd’hui. Cela fait maintenant 9 ans que je pratique ce métier. Même si je ne possède pas encore une grande entreprise, la couture me permet de m’épanouir et m’assure une totale autonomie financière.
2)- Avez-vous une idée du nombre de jeunes filles que vous avez formées dans ce centre de couture ?
Depuis la création du centre en 2017, nous avons formé environ 75 élèves, et plusieurs d’entre elles ont déjà ouvert leur propre atelier. Cette année, la promotion sortante est composée de 25 élèves. Nous préparons leur fin de cycle avec beaucoup de soin, et la cérémonie de remise des diplômes est programmée pour le mois de décembre 2026.
3)- Présentez-nous cette promotion sortante. Où en êtes-vous dans les préparatifs et quel message adressez-vous aux autorités ?
Concernant le programme, nous mettons l’accent sur la maîtrise technique et le maniement rigoureux des outils de travail. Chez nous, l’apprentissage repose sur un équilibre parfait entre la théorie et la pratique, ce qui me donne une pleine confiance en la qualification de nos apprenantes.
Pour ce qui est du calendrier, nous sommes parfaitement dans les temps. Notre cycle de préparation dure une année complète. Les examens et les compositions finales se dérouleront en décembre. C’est à ce moment-là que se décidera le passage en classe supérieure, notamment pour les étudiantes de deuxième année qui s’apprêtent à entamer leur troisième et dernière année. En réalité, les préparatifs commencent dès le premier jour de la rentrée.
Quant à mon appel aux autorités, il concerne nos conditions de travail qui deviennent particulièrement complexes. Nous faisons face à une très forte demande des familles qui souhaitent nous confier leurs enfants. À l’heure actuelle, nous formons plus de 100 élèves. Malheureusement, notre principal défi reste le manque cruel d’espace. Nous sommes contraints de diviser les groupes en cohortes pour pallier ce problème d’emplacement. Notre priorité absolue est donc d’obtenir le soutien de l’État ou de partenaires pour acquérir des locaux plus vastes et adaptés, afin d’accueillir tout le monde dans des conditions dignes et optimales.
Propos recueillis par C.M
Moussa Moïse Camara : « À Coyah, nous donnons un avenir aux jeunes filles vulnérables »
-[ENTRETIEN]- De la chaudronnerie au développement communautaire, Moussa Moïse Camara se bat pour l’avenir des jeunes filles vulnérables à Coyah. À la tête d’un centre de formation né d’un élan de solidarité, ce leader inspirant brise le cercle de la précarité et lance un appel pressant pour pérenniser son action.
1)– En quelques mots, comment vous présenteriez-vous aux internautes de Farafinainfo ?
Tout d’abord, je tiens à remercier chaleureusement Farafinainfo pour cette opportunité. Je m’appelle Moussa Moïse Kamara et je suis actuellement chef des secours à Coyah. Concernant mon parcours, après mon cursus scolaire, j’ai choisi de m’orienter vers une école professionnelle. J’y ai suivi une formation, de trois ans, sanctionnée par un diplôme de chaudronnier. Bien que je n’exerce plus ce métier aujourd’hui, je me consacre pleinement au développement communautaire. J’ai choisi de mettre mon temps et mes compétences au service et au bien-être de ma communauté. Merci à vous.
2)– Serait-il possible de nous exposer le contexte de création de ce centre de formation destiné aux jeunes filles, ainsi que ses objectifs majeurs ?
C’est une excellente question. Ce projet a été initié par le SECOJ (Centre de Conseil et d’Orientation pour Jeunes). À travers nos activités de sensibilisation au sein de la communauté, nous avons constaté la situation particulièrement précaire de nombreuses jeunes filles : mères célibataires, jeunes déscolarisées ou n’ayant jamais eu la chance d’aller à l’école. Face à ce constat, nous avons conçu ce projet en 2017 afin de leur venir en aide. Il a ensuite été soumis à notre partenaire, Plan International Guinée, qui en a assuré le financement.
Ce projet initial avait une durée de six mois. À son terme, notre équipe de pairs éducateurs, directement ancrée au sein de la communauté, s’est mobilisée sur le terrain. Avant même la phase de recrutement formelle, nous sommes allés à la rencontre des familles pour identifier les jeunes filles en situation de décrochage scolaire ou les mères adolescentes sans activité. Nous leur avons présenté le programme afin d’obtenir l’adhésion des parents, matérialisée par la signature d’une fiche d’engagement pour l’éducation de leur fille. Pour cette première cohorte, nous avons recruté 20 jeunes filles, et l’organisation Plan International a financé l’achat d’une machine.
Au départ, le projet disposait d’une dizaine de machines, de chaises et d’équipements pour une durée de six mois. Face à l’affluence et au succès de l’initiative, il nous a semblé difficile d’arrêter en si bon chemin. Nous avons donc décidé de poursuivre l’activité à nos propres frais. Durant la période initiale, une aide permettait de rémunérer la maîtresse. Pour continuer à subvenir à ses besoins après la fin des financements de départ, nous avons dû mettre en place de nouvelles stratégies. Aujourd’hui, grâce à des initiatives solidaires et au soutien de nouveaux projets, nous parvenons à maintenir l’activité, et nous nous réjouissons de voir que les participants continuent d’affluer. Nous avons d’abord demandé à chacun de patienter pour éviter l’encombrement et se concentrer sur nos premiers objectifs.
3)- Pourriez-vous lancer un appel aux autorités publiques, voire à des mécènes ?
Aujourd’hui, face à l’affluence continue des participants et à l’augmentation de nos besoins, nous lançons un appel solennel aux autorités, aux personnes de bonne volonté et à nos partenaires. Nos structures ont un besoin urgent de locaux adaptés et d’équipements informatiques. Actuellement, nous devons partager une seule machine entre cinq élèves. Notre objectif immédiat est de ramener ce ratio à deux élèves par machine, ce qui constituerait une avancée majeure pour la qualité de notre formation. Nous comptons sur votre solidarité pour nous venir en aide.
Entretien réalisé par C.M
Fils de passion, rêves de mode : Angéline & Mabinty se confient
-[ENTRETIEN CROISÉ]- Destins croisés, aiguilles en main : Angéline et Mabinty, deux jeunes filles guinéennes, ont choisi la couture pour forger leur indépendance. Entre don visuel et ambition haute couture, elles confient à Farafinainfo leur passion pour la création et lancent un appel vibrant pour donner vie à leurs futurs ateliers.
1)– Pour les internautes de Farafinainfo, pouvez-vous présenter en quelques mots ?
Angéline Camara : Je m’appelle Angéline Camara et je suis actuellement en formation de couture. Laissez-moi vous expliquer mon parcours : je n’ai jamais eu la chance d’aller à l’école par le passé, même si j’aurais beaucoup aimé étudier. C’est le destin qui en a décidé ainsi. Mes parents m’ont alors orientée vers un autre domaine pour que je commence à travailler. C’est ainsi que je me suis lancée dans la couture. Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école. Mes parents m’ont trouvé une place pour travailler afin que je ne reste pas à jouer à la maison. Je sais que ce domaine demande beaucoup d’énergie, et je vais me donner à fond.
Angéline Camara
Mabinty Camara : Je m’appelle Mabinty Camara, j’ai 18 ans, et j’ai choisi de tracer mon propre chemin à travers la couture. Après avoir interrompu ma scolarité en classe de 10ème année sans pouvoir passer le BEPC, j’ai rapidement cherché à me rendre utile. En observant les jeunes filles de mon quartier, trop souvent désœuvrées et exposées à la délinquance, j’ai compris qu’apprendre un métier était la meilleure façon de construire mon avenir. C’est ainsi que j’ai partagé mon projet avec ma mère et que je me suis tournée vers la couture. Aujourd’hui, ce métier est bien plus qu’une alternative à mes études : c’est ma véritable voie et ma passion.
Mabinty Camara
2)– Pourquoi avoir choisi le métier de la couture plutôt qu’un autre ?
A.C : Ma passion pour la couture ne vient pas d’un héritage familial, car je suis la seule de ma famille à avoir choisi cette voie. Elle est née d’un amour profond pour l’élégance et le vêtement bien fait. J’ai toujours aimé le dessin et le fait de bien m’habiller. C’est un don visuel qui a tout déclenché : il me suffit de voir un modèle porté par quelqu’un pour l’analyser, repérer les détails d’un pli ou d’une coupe, et me dire avec certitude : je peux le faire, je veux le faire. Au départ, ce désir est né de l’envie de créer mes propres vêtements, d’exprimer mon style et de porter ce que j’imagine.
M.C : C’est avant tout par pure passion. Ce qui me plaît, ce n’est pas simplement le fait de porter de beaux vêtements. C’est une révélation née en fréquentant les salons de mode : en observant le travail des créateurs et l’attente fébrile autour de leurs collections, j’ai été fascinée. J’y ai découvert la richesse des tissus et, très vite, j’ai commencé à imaginer mes propres modèles. C’est à ce moment précis que ma vocation s’est imposée. Bien que d’autres opportunités s’offraient à moi, c’est ce chemin que j’ai délibérément choisi, car la couture ouvre un champ infini de possibilités. À terme, je pourrais commercialiser mes créations sur les marchés ou m’associer avec ma sœur pour développer l’activité à plus grande échelle. Mon objectif ultime est clair : concevoir mes propres collections et les vendre, à l’image des plus grands stylistes.
3)- Comment envisagez-vous la suite de votre parcours après cette formation ?
A.C : À la fin de cette formation, je souhaite me lancer immédiatement. Je sollicite le soutien de la famille pour m’aider à ouvrir un premier atelier. Cela me permettra de démarrer, puis de développer peu à peu mon projet pour posséder un plus grand atelier un jour.
M.C : Passionnée de mode et inspirée par le travail des grands créateurs que je suis assidûment en ligne, mon rêve le plus cher est de fonder mon propre atelier de couture. Déterminée à avancer pas à pas, je fais face aujourd’hui à un défi majeur : l’absence de ressources financières et d’accompagnement pour lancer mon activité.
C’est pourquoi je lance un appel solennel aux ONG, aux institutions bancaires, aux autorités publiques et à toutes les personnes de bonne volonté. Investir dans la jeunesse féminine, c’est nous donner les moyens de nous insérer professionnellement, de gagner notre autonomie et de nous éloigner durablement de la précarité.
Quand le papier se fait robe : le projet couture des élèves
En nous accordant un financement, une formation ou un accompagnement, vous nous donnez la chance de travailler à notre compte et de devenir actrices du développement économique. Croyez en notre potentiel, donnez-nous l’opportunité de réussir.
Entretien croisé par C.M
Bana Korel : L’icône du « Made in Mauritanie »
[5 QUESTIONS À BANA KOREL]– Styliste engagée et figure de proue de la culture mauritanienne, Bana Korel – de son vrai nom Bana Sow – redessine les contours de la mode sahélienne. À travers son Festival Korel Nomade et la Nouakchott Fashion Week des Jeunes Créateurs, elle propulse le Made in Mauritanie sur la scène africaine. Rencontre avec une activiste culturelle qui fait du vêtement un moteur d’emploi, d’émancipation et d’unité.
1) – Qui est Bana Korel pour les internautes de Farafinainfo qui la découvrent à travers cet entretien ?
Bana Korel est avant tout une passionnée de création, de mode et de culture mauritanienne. Mon véritable nom est Bana Sow et je suis issue d’une famille où l’art occupe une place importante : ma mère est styliste et ma sœur, Amy Sow, est artiste peintre. Très jeune, je m’amusais déjà à découper des tissus et à imaginer des tenues.
J’ai commencé à organiser des défilés en 2011, avant de prendre le nom de Bana Korel en 2012. Après plusieurs expériences au Sénégal, au Maroc et aux États-Unis, je suis revenue davantage vers mes racines et vers ce qui constitue mon identité. En 2017, j’ai créé le Festival Korel Nomade ( la première plateforme de mode en Mauritanie), avec cette volonté de faire de la mode un espace de rencontre entre les différentes cultures et communautés de Mauritanie et d’Afrique. (Traversees Mauritanides)
Mais je ne me définis pas uniquement comme styliste. Je me considère aussi comme une actrice culturelle et une promotrice de la jeunesse. À travers mes différents projets, j’essaie de donner de la visibilité aux jeunes créateurs, aux mannequins et aux artisans, et de montrer que la mode peut être un véritable secteur d’expression, d’emploi et de développement.
2) – Qu’est-ce qui a inspiré la création du Festival Korel Nomade ?
L’inspiration vient d’abord de la Mauritanie elle-même. Nous sommes un pays profondément marqué par le nomadisme, mais aussi par une extraordinaire diversité culturelle. Le nom « Korel Nomade », qui signifie en quelque sorte « la calebasse nomade », traduit cette idée de mouvement, de voyage et de rencontre.
Je voulais créer un rendez-vous qui permette de faire circuler les talents, les idées et les savoir-faire. La mode ne doit pas avoir de frontières. Elle doit au contraire nous permettre de nous découvrir et de mieux nous comprendre.
Dès les premières éditions, le festival a cherché à réunir des créateurs mauritaniens et africains. En 2019, par exemple, des stylistes venus de Tunisie et du Mali avaient rejoint les créateurs locaux. Le festival associait également défilés, conférences et réflexion autour du stylisme, du mannequinat et du patrimoine. (Kassataya Mauritanie)
Il y avait aussi une dimension sociale très importante : encourager les jeunes, particulièrement les jeunes filles, promouvoir leur autonomie et utiliser la mode comme un outil de changement des mentalités.
3)- Les objectifs principaux pour lesquels ce festival a été initié ont-ils été atteints ?
Je dirais que nous avons obtenu des résultats, mais que le chemin est encore long. Le premier objectif était de montrer que la Mauritanie possède des talents et un potentiel dans le domaine de la mode. Aujourd’hui, il est difficile de dire que cette réalité est invisible.
Le festival a permis de donner une tribune à de jeunes créateurs, de faire venir des professionnels de la sous-région et de créer des passerelles entre la Mauritanie et d’autres pays africains. La troisième édition, en 2022, avait notamment associé mode, artisanat, patrimoine, conférences et promotion de l’emploi des jeunes. (Kassataya Mauritanie)
Mais surtout, je constate qu’une nouvelle génération ose davantage. Les initiatives récentes autour des jeunes créateurs montrent que la scène mauritanienne est en train de se structurer. En 2025, la deuxième édition de la Nouakchott Fashion Week des Jeunes Créateurs ( la première plateforme de mode dédiée à la jeunesse en Mauritanie), a encore mis en avant plusieurs jeunes marques et une création revendiquant clairement le « Made in Mauritania ». (Culturesmr)
Donc oui, une partie de nos objectifs est atteinte. Mais notre ambition est beaucoup plus grande : nous voulons que la mode soit considérée comme une véritable industrie culturelle et économique.
4) – Vous en êtes où avec la préparation de la prochaine édition ?
Nous sommes dans une dynamique de continuité, mais aussi de renouvellement. Après plusieurs expériences avec Korel Nomade et les différents rendez-vous consacrés aux jeunes créateurs, l’objectif est de continuer à professionnaliser les événements et à donner davantage de place aux jeunes talents, à l’artisanat et au savoir-faire mauritaniens.
Je tiens particulièrement à ce que chaque nouvelle édition apporte quelque chose de différent : de nouvelles collections, de nouveaux créateurs, de nouvelles collaborations et surtout une meilleure visibilité pour notre patrimoine.
Notre expérience de 2025, avec la deuxième édition de la Nouakchott Fashion Week des Jeunes Créateurs, nous a confortés dans cette orientation. Le public a découvert des créateurs mauritaniens qui travaillent le cuir, la teinture, les tissus locaux et les motifs traditionnels tout en les inscrivant dans une esthétique contemporaine. (Culturesmr)
La priorité reste donc la même : construire un événement durable, capable de rayonner en Mauritanie mais aussi dans la sous-région.
5) – Comment percevez-vous la création mauritanienne au sein de la mode africaine actuelle ?
Je pense que la création mauritanienne a beaucoup à apporter à la mode africaine. Nous avons une identité extrêmement riche, à la croisée de plusieurs univers culturels. Notre force réside justement dans ce métissage et dans la richesse de nos savoir-faire.
Pendant longtemps, lorsqu’on parlait de mode ouest-africaine, les regards se tournaient principalement vers Dakar, Lagos ou d’autres grandes capitales de la création. Aujourd’hui, Nouakchott commence à affirmer sa propre voix. La Fashion Week des Jeunes Créateurs de 2025 a montré qu’une nouvelle génération mauritanienne veut prendre sa place et faire entendre sa vision. (Culturesmr)
Je crois beaucoup au Made in Mauritania. Nous devons apprendre à valoriser nos matières, notre artisanat, nos techniques de teinture, notre cuir, nos motifs et tout ce qui raconte notre histoire. Mais il ne s’agit pas de rester enfermés dans la tradition. Il faut savoir la revisiter, la moderniser et la proposer au monde.
La création mauritanienne a donc sa place dans la mode africaine. Elle doit simplement continuer à croire en elle-même, se professionnaliser et bénéficier d’un accompagnement plus important des pouvoirs publics et du secteur privé.
DOSSIER FARAFINAINFO – Un mois, un métier : la couture & le stylisme – par CAMARA MAMADY
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat

















