L’Activiste panafricaniste F. Kaké : « Mais une chose est sûre : le Mali ne … »

REGARD D’UN PHILOSOPHE EN DEVENIR. Felllah Kaké, étudiant & activiste panafricaniste de son état, a bien voulu se prêter aux Questions de Farafinainfo.com et pose son regard averti sur les trois faits d’actualité marquants de la semaine du 03 novembre au 09 novembre 2025 en Guinée, en Afrique et dans le Monde pour permettre aux lecteu.rices de votre site panafricain d’informations générales de mieux comprendre de l’actu du continent africain [ACTU DE LA SEMAINE EN 3 QUESTIONS].

Fellah Kaké, l’activiste panafricaniste

 

« Cette entorse à la cheville laisse donc planer le suspense quant à sa disponibilité pour la CAN »

 

1– [MAROC] – Le Maroc retient son souffle après la blessure de son joueur Achraf Hakimi et souffre en espérant son retour avant le début de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Royaume chérifien. Quelle lecture faites-vous de cette triste blessure du joueur marocain du Paris Saint-Germain ?

 

La blessure d’Achraf Hakimi lors du dernier match de son club le PSG contre le Bayern Munich, est malheureusement survenue à un moment décisif, non seulement pour son club en Ligue des champions, mais également pour le Maroc, qui se prépare à accueillir la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) le 21 décembre 2025.

Il convient de rappeler qu’Achraf Hakimi, l’actuel latéral droit du PSG, est aussi un élément incontournable de la sélection marocaine, non seulement par sa capacité à contribuer aux différentes victoires de son équipe (nationale), mais également par son leadership en dehors du terrain. D’ailleurs, le sélectionneur a déjà déclaré officiellement qu’il sera le capitaine de l’équipe du Maroc pour la CAN, en raison de son rôle central sur le terrain et de son influence positive sur le groupe.

Cette entorse à la cheville laisse donc planer le suspense quant à sa disponibilité pour la CAN, qui se jouera à domicile. Cependant, rien n’est encore confirmé à propos de sa participation, même s’il reste un maillon essentiel de l’équipe.

Pour l’instant, ce que l’on peut retenir, c’est que la participation d’Achraf Hakimi à la CAN dépendra de l’évolution de son état de santé. Même s’il n’est pas complètement rétabli d’ici le début de la compétition, en tant que leader et figure influente de la sélection, il pourrait rejoindre le groupe, avec un temps de jeu limité jusqu’à ce qu’il soit totalement apte à retrouver sa place de titulaire.

 

« Pourtant, les observateurs avertis savaient que tout était mis en place pour assurer la continuité du pouvoir entre les mains des dirigeants actuels, après quatre années de gestion marquées par de nombreuses inquiétudes et interrogations. »

 

2– [GUINÉE] – Le faux suspense sur la candidature du Président Général Mamadi Doumbouya a touché à sa fin. Le tombeur du Pr. Alpha Condé – qui a dénoncé ouvertement et vertement la confiscation du pouvoir, surtout le culte de la personnalité des dirigeants africains- sera bel et bien candidat pour briquer son tout 1er mandat au suffrage universel direct. Qu’en pensez-vous ?

 

Jusqu’au lundi 3 novembre 2025, certains restaient encore dans le doute quant à une éventuelle candidature de Mamadi Doumbouya, l’homme qui s’était présenté comme un sauveur après le coup d’État du 5 septembre 2021. Pourtant, les observateurs avertis savaient que tout était mis en place pour assurer la continuité du pouvoir entre les mains des dirigeants actuels, après quatre années de gestion marquées par de nombreuses inquiétudes et interrogations.

Certes, Mamadi Doumbouya avait déclaré à plusieurs reprises, et à de nombreuses occasions, que ni lui ni aucun membre du CNRD, ni même du gouvernement, ne serait candidat à quelque élection que ce soit, y compris la présidentielle du 28 décembre 2025. En tant que soldat, beaucoup lui avaient accordé du crédit, pensant qu’il quitterait le pouvoir à l’issue de la transition, qui aura finalement duré plus de quatre ans. Malheureusement, c’était une lecture naïve de la situation.

D’ailleurs, en analysant profondément les événements de ces trois dernières années, on pouvait aisément comprendre que Mamadi Doumbouya n’était pas disposé à céder le pouvoir. La fermeture de plusieurs médias, la mise à l’écart forcée des voix dissidentes, la prolifération des mouvements de soutien, l’élaboration et l’adoption d’une Constitution taillée sur mesure, lui ouvrant la voie, ainsi que l’accélération du projet Simandou suivant une vision alignée sur un double mandat, constituaient autant de signaux clairs de son intention de se présenter à la présidentielle à venir.

À présent qu’il n’y a plus aucun doute sur sa candidature, surtout après la publication par la Cour Suprême de la liste provisoire des candidats retenus où figure son nom, tout porte à croire que tout a été soigneusement orchestré pour aboutir à ce résultat.

Au regard de la liste des candidats et du système électoral actuellement en place, l’élection semble davantage une formalité destinée à « légitimer » son pouvoir pour les sept prochaines années, voire au-delà, tant aucune véritable alternative ne semble se dessiner pour l’instant.

Bref, la candidature de Mamadi Doumbouya ne surprend guère ; c’est plutôt son absence qui aurait étonné.

« Cette crise momentanée représente aussi une opportunité pour les autorités de la Confédération (Alliance) des États du Sahel (AES) d’accélérer la mise en œuvre et le déploiement de la force unifiée de l’AES afin de traquer ces terroristes jusqu’à leur dernier retranchement. »

 

3– [MALI] – « On n’a pas failli par rapport à nos capacités de pouvoir importer, exporter ou mettre ces produits à la disposition des Maliens, mais c’est une situation qui est artificiellement difficile », a laissé entendre Abdoulaye Diop, Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale en soulignant les « efforts importants » de son pays pour la sécurisation des convois des produits pétroliers, mais réfute l’existence d’une pénurie. Quelle perspective sur cette situation inédite ?

Je pense que la déclaration du ministre des Affaires étrangères du Mali, le camarade Abdoulaye Diop, ne fait que refléter la réalité actuelle de la situation du pays, car tout le monde voit ce qui se passe. Si le carburant ne rentrait pas au Mali, on parlerait alors de pénurie ou d’un manque d’engagement du gouvernement. Mais nous savons tous qu’il s’agit d’actes criminels commis par ceux qui, après avoir échoué sur tous les plans, s’en prennent désormais aux citernes et aux convois destinés à approvisionner les stations en carburant.

Depuis l’arrivée des autorités actuelles au pouvoir, nous constatons leur détermination à répondre aux besoins du peuple, aussi bien sur le plan sécuritaire et de la défense que sur tout ce qui touche au quotidien des Maliens et cela, malgré la guerre acharnée qu’elles mènent contre le terrorisme, qui menace la souveraineté et la stabilité du pays.

Malgré cette situation regrettable, liée au comportement irresponsable et lâche des forces du mal, ces dernières pensaient qu’en s’attaquant aux convois de carburant, elles parviendraient à créer une crise susceptible de pousser la population à se révolter contre ses dirigeants. Or, la situation est désormais presque entièrement maîtrisée, grâce à la détermination des autorités et, en particulier, des FAMa (Forces Armées Maliennes, ndlr), qui escortent désormais les citernes jusqu’à destination.

Par ailleurs, je pense que cette crise momentanée représente aussi une opportunité pour les autorités de la Confédération (Alliance) des États du Sahel (AES) d’accélérer la mise en œuvre et le déploiement de la force unifiée de l’AES afin de traquer ces terroristes jusqu’à leur dernier retranchement. C’est également l’occasion pour les États de l’AES de miser davantage sur la production pétrolière et énergétique du Niger pour répondre aux besoins de leurs populations.

Ce qui reste évident, c’est que les autorités maliennes n’ont pas failli à leurs engagements. Elles sont en guerre contre le terrorisme, et chacun doit comprendre que des crises de ce genre peuvent survenir. Mais une chose est sûre : le Mali ne tombera jamais, car il n’est plus seul.

Rédaction de Farafinainfo.com

Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat