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Fellah Kaké : « De nombreux jeunes sont aujourd’hui confrontés à des problèmes de santé mentale … »

Ce lundi 20 juillet 2026, notre consultant Fellah Kaké revient sur l’actualité brûlante du continent dans notre rubrique [ACTU DE LA SEMAINE EN 3 QUESTIONS]. Il décrypte l’élection de l’Honorable Dansa Kourouma à la présidence de la nouvelle Assemblée nationale de Guinée, livre son analyse sur le rejet du recours des rastafaris par la Haute Cour de justice du Kenya, et passe au peigne fin le dernier discours du Président du Faso.

Fellah Kaké, notre Consultant qui analyse et décrypte l’actualité africaine

 

« Le choix du Président de la République apparaît donc comme l’élément déterminant, même si celui-ci peut être justifié par la capacité de Dansa Kourouma à répondre aux attentes du CNRD ou de la GMD »

1-[GUINÉE]- Installés ce vendredi 17 juillet 2026 au Palais du Peuple, 129 députés sur 147 ont plébiscité l’honorable Dr Dansa Kourouma au perchoir, unique candidat en lice pour la présidence de l’Assemblée Nationale de Guinée. N’est-ce pas là la confirmation éclatante de son leadership ?

Le choix porté sur Dansa Kourouma pour présider la nouvelle Assemblée Nationale s’inscrit dans la continuité de la confiance que le Président de la République lui accorde depuis le début de la transition, lorsqu’il l’avait déjà désigné à la tête du Conseil National de la Transition (CNT).

Certes, ce sont les députés qui ont publiquement voté pour lui. Cependant, il convient de rappeler que la plupart d’entre eux ne siègent pas à l’Assemblée Nationale en raison d’une légitimité personnelle, mais parce qu’ils ont été élus sous la bannière de la GMD (Génération pour la Modernité et le Développement, ndlr) ou des partis qui lui sont alliés. Or, nous savons qui dirige la GMD. Il est donc difficile de penser que leur choix aurait pu être différent de celui souhaité par le Président de la République. Ils étaient, en réalité, tenus de s’aligner sur les orientations des instances de la GMD, voire sur celles du chef de l’État. D’autant plus que l’Assemblée Nationale est aujourd’hui largement dominée par la GMD et ses alliés, ce qui en fait une institution à majorité quasi monocolore.

S’il est possible de voir dans cette élection une reconnaissance du leadership de Dansa Kourouma, il ne faut toutefois pas perdre de vue que cette désignation traduit avant tout le renouvellement de la confiance du Président de la République à son égard. En effet, si le chef de l’État avait fait un autre choix, c’est une autre personnalité qui occuperait aujourd’hui le perchoir. Le choix du Président de la République apparaît donc comme l’élément déterminant, même si celui-ci peut être justifié par la capacité de Dansa Kourouma à répondre aux attentes du CNRD ou de la GMD.

Bref, l’élection de Dansa Kourouma à la présidence de l’Assemblée nationale est la conséquence de la confiance renouvelée que lui accorde le président de la République. Cette confiance repose sur sa capacité à conduire l’institution législative conformément aux ambitions du pouvoir en place, tandis que ce choix a été entériné par une majorité de députés issus de la GMD et de ses alliés, qui dominent aujourd’hui l’Assemblée nationale.

« Le rejet du recours des rastafaristes par la Haute Cour du Kenya peut être justifié par la volonté des autorités de protéger la population contre des substances »

2-[KENYA]- « Au Kenya, les rastafaris devront encore attendre pour obtenir le droit d’utiliser du cannabis afin de se rapprocher de Dieu. La Haute Cour a rejeté ce mercredi leur recours, déposé il y a plus de cinq ans, pour pouvoir utiliser cette plante à des fins religieuses. », rapporte rfI. Quelle lecture faites-vous de ce rejet de la Haute Cour de Justice ?

Le modèle de laïcité que la plupart de nos pays ont adopté, y compris le Kenya, les oblige à garantir la liberté de culte à tous les citoyens, sur un pied d’égalité. Cela implique que l’État ne doit pas empêcher une communauté religieuse de pratiquer sa foi conformément aux principes qui la fondent.

C’est pourquoi, qu’il s’agisse des musulmans, des chrétiens ou encore des rastafaristes, les autorités ont non seulement l’obligation, conformément au modèle républicain qu’elles ont choisi, de laisser chacun pratiquer son culte, mais elles doivent également s’abstenir de toute mesure qui empêcherait, dans la mesure du possible, l’exercice de cette liberté religieuse.

Toutefois, dans le cas précis des rastafaristes et de l’usage du cannabis, il convient de nuancer le débat en mettant en balance la liberté de culte et l’obligation de l’État de protéger les citoyens contre les risques pour la santé publique, y compris ceux auxquels les rastafaristes eux-mêmes peuvent être exposés. Ainsi, même si leur revendication peut apparaître légitime au regard de la liberté religieuse, il est important de rappeler que le cannabis peut avoir des effets nocifs sur la santé, notamment lorsqu’il est consommé de manière régulière ou excessive.

De nombreux jeunes sont aujourd’hui confrontés à des problèmes de santé mentale liés à la consommation de drogues et d’autres substances psychoactives considérées comme dangereuses. C’est notamment pour cette raison que, dans de nombreux pays, la consommation de cannabis demeure strictement encadrée ou interdite, en raison des préoccupations qu’elle soulève en matière de santé publique.

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Dans ce contexte, le rejet du recours des rastafaristes par la Haute Cour du Kenya peut être justifié par la volonté des autorités de protéger la population contre des substances qu’elles considèrent comme présentant des risques pour la santé, même lorsque leur usage est invoqué dans le cadre d’une pratique religieuse.

En définitive, si les rastafaristes sont fondés à revendiquer leur droit à la liberté de culte, les autorités peuvent également estimer qu’elles sont dans leur rôle lorsqu’elles imposent des restrictions motivées par la protection de la santé publique. Le défi consiste alors à trouver un juste équilibre entre le respect des libertés fondamentales et la préservation de l’intérêt général.

« Les discours du Capitaine Ibrahim Traoré gagneraient donc à éviter de placer les masses populaires, véritables porteuses de la révolution, devant un choix entre la patrie et la religion »

3-[BURKINA FASO]- Dans son discours adressé aux forces vives de la région du Yaadga (Nord du pays) le 16 juillet 2026, le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, a fermement appelé à un islam modéré et mis en garde une « minorité d’extrémistes ». Il a également dénoncé l’instrumentalisation de la religion par l’impérialisme et a rejeté toute rumeur de rivalité politique interne. Vous en pensez quoi, de l’allocution du président ?

Le Capitaine Ibrahim Traoré, en sa qualité de Président du Burkina Faso et de guide de la Révolution progressiste populaire, a une nouvelle fois fait parler de lui à l’occasion de sa visite dans la région de la Yaadga.

Connu pour son franc-parler et sa détermination à accomplir la mission qu’il s’est fixée, il a abordé plusieurs sujets qui peuvent paraître sensibles, notamment la question de la religion.

Comme vous le savez, une révolution n’épargne aucun domaine de la vie sociale. C’est pourquoi, lorsqu’on souhaite assurer sa réussite, il est essentiel qu’elle embrasse à la fois les grandes orientations et les détails, afin de mieux façonner la conscience collective. En effet, il ne peut y avoir de révolution sans conscience révolutionnaire, et cette dernière se construit par l’éducation, qui peut prendre plusieurs formes, notamment à travers les discours des autorités. C’est dans cet esprit que le Capitaine Ibrahim Traoré a évoqué les enjeux liés à la religion.

Il faut reconnaître que l’extrémisme violent prend de l’ampleur en Afrique au nom de la religion. Cette réalité s’explique à la fois par une ignorance largement répandue et par l’instrumentalisation du fait religieux par certaines puissances étrangères à des fins de domination du continent.

C’est pourquoi il était important que le Capitaine Ibrahim Traoré aborde ces questions, comme il le fait régulièrement avec les autres grands enjeux auxquels son pays est confronté.

Cependant, il convient de rappeler un point qui semble échapper à de nombreux observateurs : on entend de plus en plus de discours qui opposent la religion à la patrie. Or, ces deux réalités ne devraient pas être présentées comme incompatibles, pas plus qu’il ne serait nécessaire de demander aux citoyens de hiérarchiser leur attachement à l’une ou à l’autre. Il est tout à fait possible de pratiquer sa religion tout en étant profondément patriote. L’exemple de nombreuses figures révolutionnaires à travers le monde en témoigne.

Les discours du Capitaine Ibrahim Traoré gagneraient donc à éviter de placer les masses populaires, véritables porteuses de la révolution, devant un choix entre la patrie et la religion. Ils devraient plutôt mettre en évidence que la pratique authentique de la religion peut conduire les croyants à aimer leur patrie, à préserver son unité et à œuvrer pour son progrès.

Rédaction de Farafinainfo.com

Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat