Inclusion & Capital humain : La Guinée fait de la [SANTÉ MENTALE] un enjeu majeur de développement à Boké
#ActuSantéPubliqueGN- L’Hôpital Régional de Boké est désormais doté d’une Unité de Santé Mentale. L’infrastructure a été inaugurée ce samedi 5 septembre 2026 par Dr Mory Keïta, Secrétaire Général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique. La cérémonie s’est déroulée en présence du Gouverneur de la région, de l’Ambassadeur de Belgique, du Représentant de l’OMS, du Coordonnateur national par intérim du PNSM, ainsi que des partenaires techniques et financiers (FMG et Memisa Belgique).
Par Camara Mamady, Chargé de Com du PNSM pour Farafinainfo.com
En ouvrant la série des allocutions, Dr Jean Marie Kipela, Représentant de l’OMS en Guinée, a rendu un vibrant hommage au leadership de la Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, tout en saluant la culture du résultat du Secrétaire Général du Ministère. Pour le Dr Kipela, l’ouverture de cette Unité de Santé Mentale à Boké ne se résume pas à une simple formalité administrative. Elle incarne un engagement politique et humanitaire fort afin de garantir l’accès aux soins spécialisés pour les plus vulnérables. Évoquant les standards de l’OMS, il a réaffirmé qu’« il n’y a pas de santé sans santé mentale ». Une dimension qui, loin d’être un luxe, constitue selon lui un levier essentiel pour permettre à chaque citoyen de se réaliser et de servir sa communauté.
Dr Jean Marie Kipela, Représentant de l’OMS en Guinée
Un défi sanitaire et social d’envergure régionale
Dr Kipela a profité de cette tribune pour dresser un état des lieux alarmant de la situation en Afrique, où près de 150 millions de personnes vivent avec un trouble mental, dont 45 millions souffrent de dépression et 79 millions de troubles anxieux. Le constat est d’autant plus sévère dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, où 76 % à 85 % des personnes atteintes de troubles mentaux graves ne reçoivent aucun traitement.
Cette rupture de soins a des conséquences tragiques :
- Un risque de mortalité prématurée de 40 % à 60 % plus élevé chez les patients atteints de troubles psychiatriques majeurs (souvent liés à des maladies physiques non diagnostiquées).
- Un taux de suicide qui demeure une cause majeure de décès, particulièrement chez les jeunes.
- Un quotidien marqué par la souffrance, l’isolement et la stigmatisation des familles.
Cap sur les objectifs 2030
Face à cette urgence sanitaire, l’OMS Afrique affiche des ambitions claires. L’organisation se donne pour objectif d’accompagner 100 % des pays de la région afin qu’ils disposent, d’ici 2030, d’une politique ou d’un plan national de santé mentale actualisé et opérationnel. L’inauguration de l’unité de Boké s’inscrit pleinement dans cette dynamique, marquant le point de départ d’une transformation inclusive du système de soin guinéen.
Coopération médicale : la Belgique s’engage à long terme en Guinée
S.E.M Olivier Quinaux, Ambassadeur du Royaume de Belgique en Guinée
Venu spécialement de Conakry pour l’événement, S.E.M Olivier Quinaux, Ambassadeur du Royaume de Belgique en Guinée, a tenu à saluer le dévouement des praticiens de la santé présents, insistant sur la valeur de leur temps consacré aux patients. Ce déplacement marque une étape clé dans le partenariat médico-social entre les deux nations, symbolisé par cette nouvelle infrastructure moderne dans la région de Boké.
Une coopération historique projetée vers l’avenir
Rappelant les liens démographiques et humains étroits qui unissent la Belgique et la Guinée, l’Ambassadeur a souligné que la santé reste l’un des piliers majeurs de l’action belge sur le terrain. Cette dynamique se traduit par une collaboration étroite avec le Ministère guinéen de la Santé, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ainsi qu’un tissu d’ONG locales et internationales.
Alors que le protocole d’accord actuel touche à sa fin, le diplomate a annoncé une excellente nouvelle pour la pérennité des structures sanitaires : la préparation d’un nouveau programme de coopération décentralisée s’étendant sur la période 2027-2033.
Briser les tabous de la santé mentale
Le moment fort de ce discours est incontestablement le plaidoyer en faveur de la santé mentale, qui fait directement écho aux propos du représentant de l’OMS, Jean-Marie Kipela. L’Ambassadeur a réfuté avec force l’idée que la santé mentale soit une préoccupation secondaire ou un « problème de luxe ».
En saluant les efforts des institutions guinéennes pour moderniser et rénover les installations, le diplomate a officiellement passé le flambeau aux professionnels locaux. Il a appelé à libérer la parole et à lever le voile sur la souffrance psychologique, notamment chez les hommes, afin de relever ce défi de santé publique.
« Il n’est de richesse que d’hommes »
Dans une conclusion vibrante, faisant écho aux priorités de son Premier Ministre, l’Ambassadeur belge a rappelé une vérité essentielle pour le développement du pays. Bien que Boké soit une région minière stratégique, la véritable richesse de la Guinée ne réside pas dans son sous-sol, mais bien dans son capital humain. Ce sont les femmes et les hommes de Guinée, en bonne santé, qui constituent le moteur de l’avenir de la nation.
« Porté par la dynamique de refondation impulsée par S.E. le Président Mamadi Doumbouya, ce projet concrétise l’ambition de moderniser notre système de santé. »
Général Aboubacar Diakité, Gouverneur de Boké
En tant qu’hôte de l’événement, le Gouverneur de la Région Administrative de Boké, Général Aboubacar Diakité, a salué l’inauguration officielle de la nouvelle unité de santé mentale au sein de l’hôpital régional. « Cet événement marque un tournant majeur pour le système de santé local, en offrant désormais une prise en charge spécialisée, adaptée et de proximité pour les patients souffrant de troubles psychologiques. », s’est-il réjoui. Et il a souligné que ce projet s’inscrit directement dans la vision du Président de la République, S.E.M Mamadi Doumbouya, visant à renforcer le système de santé guinéen et à placer le bien-être de la population au centre des priorités publiques.
Un plaidoyer vibrant contre la stigmatisation
Au-delà de l’infrastructure physique, le discours du Gouverneur Diakité a résonné comme un vibrant plaidoyer social. Rappelant que la santé mentale est une composante essentielle de la santé globale touchant toutes les couches de la société, l’autorité régionale a vigoureusement dénoncé le traitement réservé aux malades mentaux.
« Les personnes vivant avec des troubles mentaux sont encore trop souvent confrontées aux préjugés, à la stigmatisation, à l’exclusion et parfois même à l’abandon. Nous devons changer ce regard », a martelé le gouverneur, insistant sur le fait qu’un patient en souffrance psychologique a avant tout besoin de respect, de soutien et de soins appropriés, et ne doit en aucun cas être rejeté par sa communauté.
Une responsabilité collective pour l’avenir
Cette nouvelle unité permettra d’améliorer significativement le diagnostic, l’orientation, la prise en charge et le suivi des patients, tout en soulageant les familles qui jouent un rôle indispensable dans le processus de rétablissement. Le gouverneur a chaleureusement remercié le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, et l’ensemble des partenaires techniques et financiers : l’ONG Fraternité Médicale Guinée (FMG) et Memisa Belgique; pour leur appui crucial.
Toutefois, le Chef de l’exécutif régional a tenu à rappeler que cette inauguration n’est que le début d’un défi à long terme. « Notre mobilisation ne représente pas une fin. Elle marque le début d’une responsabilité collective », a-t-il prévenu. Il a ainsi exhorté la direction de l’hôpital et le personnel soignant à faire de ce service un espace d’accueil, d’écoute, de confiance et de stricte confidentialité. Il a également appelé les leaders religieux, les autorités locales et la société civile à se mobiliser pour soutenir cette initiative et veiller à la pérennité de la qualité des soins.
« Comment bâtir une nation forte si nous ne prenons pas soin de l’esprit de celles et de ceux qui la construisent chaque jour ? »
Un signal fort pour la santé mentale en Guinée. Dr Mory Keïta, Secrétaire Général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, a inauguré une infrastructure psychiatrique moderne dans la région de Boké, au nom de la Ministre. Ce nouveau centre marque une avancée historique dans la prise en charge psychologique et psychiatrique des populations locales.
Dr Mory Keïta, Secrétaire Général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique
Un symbole de dignité et d’humanité
Portant le message de la Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le représentant du département a d’emblée posé une question fondamentale devant un parterre d’officiels, de cadres sanitaires et de partenaires internationaux : « Comment bâtir une nation forte si nous ne prenons pas soin de l’esprit de celles et de ceux qui la construisent chaque jour ? »
Pour le Secrétaire Général, cette nouvelle infrastructure dépasse largement le cadre technique d’un simple centre de soins. Elle incarne le symbole d’une Guinée moderne qui refuse l’abandon de ses citoyens les plus vulnérables. Derrière les mines, les entreprises et les projets de développement de la région de Boké, le Ministère rappelle que le capital humain doit rester la priorité absolue.
Une dynamique portée par la vision présidentielle et Simandou 2040
Cette inauguration s’inscrit directement dans la trajectoire des réformes impulsées par le Président de la République, Mamadi Doumbouya. Dr Mory Keita a souligné que le bien-être psychologique n’est plus une « question périphérique », mais un pilier central du développement national.
Cette vision trouve son ancrage dans le programme stratégique Simandou 2040, qui lie le développement économique au renforcement du capital humain et à la protection sociale. En intégrant pleinement la santé mentale dans ses plans d’action, la Guinée affiche sa volonté de bâtir une société plus inclusive, où chaque citoyen, face à la souffrance psychique, a le droit d’être écouté, accompagné et soigné dans la dignité.
Une mobilisation générale des forces vives
L’événement a mobilisé l’ensemble des acteurs clés de la région et du secteur de la santé, témoignant de l’importance de ce nouveau service pour la communauté locale :
- Les autorités régionales et préfectorales, représentées par le Gouverneur et le Préfet de Boké, ainsi que les Maires des communes de la région.
- Le secteur sanitaire local, avec la participation de l’inspecteur régional de la santé, des directeurs préfectoraux et du directeur général de l’hôpital régional de Boké.
- Le soutien international, marqué par la présence notable du représentant et ambassadeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en Guinée.
En mettant cette infrastructure à la disposition du personnel soignant et des populations locales, le gouvernement guinéen réaffirme son engagement : ne laisser aucun citoyen de côté face à la maladie ou à la détresse psychologique.
Ouf de soulagement
Une concrétisation qui fait la fierté et le bonheur du Dr Ousmane Tanou Diallo, Coordonnateur National par intérim du Programme National de Santé Mentale (PNSM). Ayant œuvré sans relâche à l’aboutissement de cette nouvelle infrastructure sanitaire, ce dernier a laissé paraître sa joie et son soulagement lors de la coupure du ruban, point d’orgue de la cérémonie d’inauguration.
Dr Ousmane Tanou Diallo, Coordonnateur National par intérim du PNSM
Quelques images de la cérémonie d’inauguration de l’unité de santé mentale à Boké
C.M
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat





















