Échec de la candidature de Macky Sall à l’ONU : un signal fort pour la gouvernance en Afrique (Seydi Gassama)
DAKAR, Sénégal [#ActuGouvernanceSociétale] – Alors que l’ancien Président sénégalais Macky Sall a officiellement retiré sa candidature au poste de Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), les réactions fusent au sein de la société civile. Pour Seydi Gassama, cet échec était prévisible et constitue une leçon historique pour les dirigeants du continent.
Par El Hadj Karamoko Touré, Journaliste Farafinainfo.com
« Macky Sall savait depuis le début qu’il n’aurait pas le soutien de l’Union Africaine », affirme Seydi Gassama. L’organisation régionale reste en effet attachée à la règle non écrite de la rotation géographique, qui a déjà permis à l’Afrique d’occuper par deux fois ce poste stratégique (avec Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan).
Au-delà de la question de la rotation, c’est le bilan de l’ancien chef de l’État sénégalais qui a pesé lourd dans la balance : « Il savait aussi que son bilan catastrophique en matière de droits humains, de bonne gouvernance démocratique et financière était un lourd handicap. Mais il a pensé qu’avec l’argent et de l’influence — pour une fois il ne pouvait pas utiliser la justice pour éliminer les autres candidats — il pouvait surmonter ces handicaps. »
Pour les organisations de défense des droits de l’homme, ce retrait représente « un échec cuisant pour Macky Sall lui-même et pour tous les États qui l’ont soutenu en dépit du bon sens et des éléments d’appréciation objectifs à leur disposition ».
Cet épisode est salué comme une victoire collective : « Nous saluons les efforts immenses déployés par les victimes de son régime tyrannique et leurs soutiens pour faire connaître son bilan. Oui, ces efforts ont compté. »
Enfin, cette déroute envoie un message clair à l’ensemble de la classe politique africaine : « Son échec est aussi un signal fort lancé à tous les Chefs d’État du continent : vous ne pouvez pas persécuter vos opposants, bafouer les droits humains et les principes de bonne gouvernance et espérer jouer un rôle important sur la scène internationale après votre départ de la présidence. »
El-K.T
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat
