Pendant que le monde arabe et les autres mondes se battent pour la connaissance, la science et pour se procurer des armes sophistiquées afin de garantir leur sécurité, les Africains se battent, s’entredéchirent pour des questions religieuses. S’ils ne se battent pas pour dire que telle personne doit prier dans telle langue, ils se battent pour dire que telle autre doit prier dans telle langue. Certains ont même poussé leur fanatisme jusqu’à prendre les armes contre leurs propres frères africains pour tenter, par la terreur et le rejet de l’autre, d’imposer leur conception de l’Islam : le terrorisme. D’autres estiment qu’avoir de simples statues à la maison constitue un blasphème, un péché capital. Pourtant, il y a des statues en Arabie saoudite et dans le reste du monde arabe. Certains se sont attaqués aux valeurs sociétales traditionnelles africaines au point de pousser les gens à complètement tourner le dos aux danses traditionnelles et aux valeurs qui font le continent africain. Tandis qu’en Arabie saoudite et dans le reste du monde arabe, dont nous copions tout, il y a du folklore, des danses traditionnelles. Certains Africains, en complicité avec les Arabes, ont trompé nos ancêtres en les poussant à abandonner les prénoms authentiques africains, qui sont pourtant bien plus parlants et plus importants que les prénoms arabes importés. Ces prénoms qui ne tiennent pas du tout compte de nos réalités, de nos valeurs sociétales.
Ici, au berceau de l’humanité, de nombreuses personnes pensent que le développement et le succès dépendent des prières et du nombre de lieux de culte construits çà et là. Cela fait qu’en République de Guinée et dans de nombreux autres pays africains, il y a beaucoup plus de mosquées et de lieux de culte que d’écoles et d’hôpitaux. Il n’y a parfois même pas 500 mètres entre deux mosquées. Les données du 4ème recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4) en République de Guinée montrent que le nombre de lieux de culte, soit 25 706, dépasse largement celui des établissements éducatifs, qui comptent 15 305 infrastructures. Les Africains dépassent même les pays où ces religions ont été révélées.
Les Africains ont tellement mal compris ces deux religions monothéistes qu’ils pensent qu’il suffit de prier tous les jours pour que le bonheur vienne. Certains vont même jusqu’à croire qu’il suffit de croiser les bras pour que le bonheur leur tombe dessus, comme les mannes tombées du ciel au temps de prophète Moïse. À cause de cette mauvaise conception de l’Islam et du Christianisme, on met tout sur le compte de Dieu : deux personnes se battent, c’est Dieu ; une personne renverse délibérément une autre avec sa voiture, on dit encore que c’est Dieu. Tout est de la faute de Dieu ici, en Afrique. Même ce qui relève de la faute de l’homme, on accuse Dieu. Avec une telle conception, une telle manière de voir la vie et le monde, comment sortirons-nous de l’ornière ? Certains prétendent même guérir toutes les maladies avec des bidons d’eau minérale ou des prières. Si l’eau de Zamzam n’a pas guéri, ce serait une eau minérale qui le ferait ? L’un des gros problèmes du berceau de l’humanité, c’est de continuer à croire en ces genres de choses. D’ailleurs, si de simples prières pouvaient guérir toutes les maladies, y aurait-il des hôpitaux en Arabie saoudite et dans le reste du monde arabe ? Le roi saoudien actuel étant lui-même gravement malade.
Le mal est tellement profond qu’il est difficile de le combattre, mais nous y parviendrons.
Réveille-toi, Afrique.
Sayon MARA, Juriste
Farafinainfo à l’honneur : Le journaliste Chahreddine Berriah, lauréat
