#FARAFINAINFO_ÉDITORIAL – Pendant des années, les « Grandes Gueules » ont fait vibrer les ondes au rythme du clash, de la confrontation et du décryptage sans concession. C’était l’époque de la déconstruction nécessaire, celle où il fallait bousculer les certitudes et pointer du doigt ce qui dysfonctionnait. Mais aujourd’hui, une phrase de Lamine Guirassy résonne comme un coup de tonnerre salvateur : « C’est terminé. On change carrément la ligne éditoriale. Je pense qu’il faut être dans la construction aujourd’hui. »
Si cette transition a pu surprendre les habitués du micro déchaîné, c’est en écoutant Claudy Siar dans l’émission SEPTOLK, le podcast de Tatiana Septo, que le déclic s’est produit. Tout s’est éclairé.
Sortir de la culture de la destruction
Là où le journalisme moderne cède trop souvent à la tentation de la punchline stérile ou du tribunal médiatique, Claudy Siar rappelle une philosophie essentielle du métier d’animateur et de passeur de culture : on n’invite pas une personnalité pour lui « dire du mal ». L’antenne ne doit pas être une arme de destruction massive, mais un outil d’élévation.
En mettant en miroir le virage de Lamine et la sagesse de Claudy, on comprend que l’Afrique et ses médias traversent une phase charnière. Nous ne sommes plus à l’heure des règlements de comptes ou du cynisme ambiant. Nous n’avons pas encore le luxe de l’opulence qui permet de se divertir dans la critique gratuite. Nous sommes aux fondations.
Bâtir une civilisation qui nous ressemble
Comprendre la nouvelle vision de Lamine Guirassy à la lumière des mots de Claudy Siar, c’est accepter que le rôle des médias africains a changé :
- Solidifier les bases : Accueillir la jeunesse qui débute comme la sommité culturelle avec le même respect.
- Mettre en valeur : Ouvrir les portes des univers de chacun pour enrichir le collectif, plutôt que de chercher la faille.
- Faire de l’antenne un espace de communion : Passer d’une ligne éditoriale de la dénonciation à une ligne éditoriale de la proposition.
Changer de trajectoire pour aller vers la construction n’est pas un aveu de faiblesse ou un recul face au pouvoir. C’est tout le contraire. C’est l’acte de maturité d’une presse qui réalise que pour unir, pour avancer et pour créer une civilisation qui nous ressemble et nous rassemble, il faut poser des briques solides.
Lamine a compris que le temps du bruit devait céder sa place au temps de l’architecture. Et Claudy nous a rappelé pourquoi cette reconstruction est le plus beau des chantiers.
Un grand merci à “La’Mine d’Or”, qui ne cesse de se réinventer pour le plus grand bonheur de la jeunesse guinéenne.
Par Camara Mamady
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